WestLB fait peser un risque systémique sur les banques allemandes
Le risque systémique guette les banques allemandes. La banque publique régionale WestLB, sauvée par deux fois de la faillite durant la crise, cherche preneur sous la pression de Bruxelles qui lui demande de présenter un plan de restructuration d’ici le 15 février. Joaquín Almunia, commissaire européen à la concurrence, a été clair en indiquant que la date butoir ne serait pas prolongée, et que si WestLB n’avait pas trouvé de solution d’ici là, Bruxelles lui demanderait alors de rembourser les 3,4 milliards d’euros sur les 6,95 milliards d’aide reçus durant la crise. Et pour ne rien arranger, même le gouvernement allemand semble ne plus vouloir soutenir la banque.
Par ailleurs, après l’échec récent des pourparlers engagés entre BayernLB et WestLB, il semble aujourd’hui que tout projet de rachat par une autre Landesbank allemande soit exclu, au profit d’une fusion directe entre banques. La réunion des actionnaires de WestLB, soit deux fédérations de caisses d'épargne et l’Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le 13 janvier ont abouti à l’émergence de quatre prétendants au rachat d’une part significative du capital de WestLB. Selon des sources concordantes, la banque chinoise China Development Bank, mais également les sociétés d’investissement Blackstone, Apollo et JC Flowers seraient les derniers candidats en lice. Les offres définitives qui pourraient tourner autour de 10 milliards d’euros sont attendues pour le 11 février, soit 4 jours avant l’ultimatum fixé par les autorités européennes.
Mais le rachat ne va pas sans poser de problème. Durant la crise financière, WestLB a transféré plus de 80 milliards d’euros d’actifs pourris ou non stratégiques dans une structure de «bad bank». Mais les acheteurs pourraient exiger le transfert d’autres actifs risqués dans la structure de défaut. De plus,les réticences politiques à voir une banque chinoise prendre le contrôle d’une caisse d’épargne allemande pourraient compliquer la finalisation du rachat.
L’enjeu est pourtant considérable. Si WestLB ne réussit pas à organiser son rachat, elle risque le démantèlement. Une première en Allemagne qui pourrait faire boule de neige, alors que la BaFin estime que le montant des actifs toxiques s’élève à 800 milliards d’euros, soit environ deux fois le montant des réserves des institutions financières du pays.
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