Washington étend son enquête sur les changes à UBS et Barclays
L’enquête des autorités américaines s’élargit dans le dossier des changes. Selon Bloomberg, le département de la Justice (DoJ) s’intéresse à des produits structurés commercialisés par UBS et Barclays recourant à la technique du portage (carry trade) qui consiste à profiter des écarts de rendement et de la volatilité sur le marché des changes.
Avec son produit dénommé «UBS V 10 Enhanced FX Carry Strategy » - un fonds logé au sein d’une Sicav coordonnée de droit irlandais - la banque suisse promettait une stratégie basée sur «un processus d’investissement systématique et totalement transparent». De son côté, Barclays mettait en avant une «stratégie optimisée de carry trade».
Mais le DoJ s’interroge sur les méthodes des deux établissements. Il les soupçonne en particulier d’avoir masqué les profits qu’ils tiraient des opérations effectuées pour générer les rendements des produits. Washington examine par ailleurs les commissions prélevées sur ces produits qui ont été distribués auprès d’investisseurs avisés, notamment plusieurs fonds alternatifs suisses. Les soupçons du DoJ concernant les agissements d’UBS remonteraient à des conversations tenues avec des employés du groupe suisse en 2013, précise Bloomberg qui cite des sources proches du dossier.
UBS et Barclays ne seraient pas les seuls établissements à susciter l’intérêt du DoJ, croit savoir le Financial Times. Certaines sources citées par le quotidien financier britannique se demandent si une telle enquête concernant des investisseurs avertis ne signalerait pas un excès de zèle de la part du DoJ. Ces investigations donnent en tout cas une tournure plus concrète à celles des autorités américaines et vont bien au-delà de la simple question de la manipulation du marché des changes.
Sur ce terrain, UBS a été contraint de verser près de 800 millions de dollars (706 millions d’euros) en novembre pour mettre fin à des poursuites aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Suisse accusant l’établissement helvétique d’avoir fait preuve de laxisme dans le contrôle de ses traders. Des collaborateurs ont été suspendus à New York, à Singapour et en Suisse. Onze de ses anciens ou actuels traders sur les changes et les métaux précieux sont également dans le collimateur du régulateur suisse des marchés financiers.
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