Wall Street s’insurge contre la taxe systémique de Barack Obama
Barack Obama rouvre les hostilités avec le camp républicain et l’industrie financière. Le discours sur l'état de l’Union que prononcera aujourd’hui le président américain portera notamment sur la suppression des niches fiscales dont bénéficient les Américains les plus aisés et sur l’imposition d’une taxe touchant les plus importants établissements financiers.
Ces mesures sont susceptibles de générer quelque 320 milliards de dollars (277 milliards d’euros) sur dix ans, une somme supérieure au montant que le président américain veut consacrer aux classes moyennes, ont précisé dès samedi des responsables de l’administration.
Le président propose notamment d’imposer une taxe systémique représentant 7 points de base du passif des sociétés financières américaines disposant de plus de 50 milliards de dollars d’actifs. Une centaine d’institutions pourraient être concernées. «Les règles fiscales sont souvent des instruments grossiers, et le code fiscal n’est pas l’endroit pour un régime réglementaire financier large, nouveau et qui fasse doublon, s’est alarmée la Sifma, le lobby de l’industrie financière américaine, le 18 janvier. Cette hausse d’impôt cible de 110 milliards de dollars sur les institutions financières américaines les plus productives pourrait avoir de lourdes conséquences qui limiteront la croissance économique et les créations d’emplois».
Barack Obama entend aussi réformer la fiscalité régissant les «trust funds», que l’administration qualifie de «plus grande niche fiscale pour les plus-values» parce qu’elle permet aux plus riches Américains de transmettre des actifs à leurs héritiers sans qu’ils soient imposés. Parmi les propositions du président américain figure également celle de porter le taux d’imposition sur les plus-values et les dividendes de 23,8% à 28%, revenant ainsi au ratio en vigueur dans les années 1980.
Ces mesures doivent permettre de financer un crédit d’impôt de 500 dollars pour les familles où les deux conjoints travaillent, un triplement, à 3.000 dollars, du coup de pouce fiscal lié à la garde d’enfants ou encore un dispositif facilitant l'épargne-retraite automatique pour des travailleurs non couverts par leur employeur. Des chiffres plus détaillés seront inclus dans le budget que Barack Obama transmettra au Congrès, désormais dominé par les républicains, le 2 février.
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