Visa Europe entend profiter des mutations technologiques des paiements
C’est en développant le service qu’on développe l’usage», a souligné hier à l’occasion de la présentation des résultats annuels de Visa Europe (au 30 septembre dernier) son directeur exécutif pour la France, Gérard Nébouy. Dans un contexte technologique et concurrentiel en mutation, le spécialiste des moyens de paiement ne manque pas d’idées pour stimuler la demande.
En dépit d’une conjoncture économique morose, marquée particulièrement par une atonie de la consommation, le chiffre d’affaires a progressé de 9% en Europe sur l’exercice écoulé, à 1,2 milliard d’euros. Pour un résultat imposable en hausse de 2% à 264 millions, tenant compte d’investissements de 300 millions dans les nouvelles technologies.
Cet effort d’investissement (un quart du chiffre d’affaires) apparaît plus que jamais crucial pour demeurer «un élément clé de l’infrastructure économique européenne» selon Nicolas Huss, directeur général depuis le 1er octobre dernier. En France, le nombre de paiements effectués avec les 39 millions de cartes Visa en circulation (37 pour les particuliers, 2 pour les entreprises, ce dernier marché demeurant «très sous-équipé» selon Gérard Nébouy) a bondi de 7,4% sur l’exercice écoulé, à 5,2 milliards, pour une valeur totale en hausse de 6% à 248 milliards d’euros (dont 30 milliards en ligne, +15,5%). La marge de progression demeure «considérable» aux yeux de Nicolas Huss, 60% des paiements en Europe sont effectués en espèces, qui restent, avec le chèque, «les principaux concurrents de Visa».
Le dirigeant entend notamment «intensifier le déploiement des nouvelles générations de paiement». En témoigne le lancement du portefeuille numérique V.me, en phase-pilote en France avec BPCE et LCL. Mais l’activité des cartes traditionnelles n’en demeure pas moins en croissance, le groupe misant en particulier sur le segment premium, avec le lancement en cours de Visa Platinum.
Sur le front d’un éventuel rachat par Visa Inc, Nicolas Huss a simplement rappelé que l’exercice de l’option de vente qu’est susceptible d’activer Visa Europe depuis sa prise d’indépendance en 2004 est régulièrement analysé par son conseil d’administration. Détenue par 4.000 banques européennes, Visa Europe peut en effet contraindre son ancienne maison-mère américaine à la racheter, une opération que le Wall Street Journal estimait l’an dernier entre 3 et... 11 milliards de dollars.
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