La banque italienne a passé 4,6 milliards d’euros de provisions au quatrième trimestre. Elle renoue toutefois avec les bénéfices sur l’année
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Antoine Landrot
L’exercice 2012 a été marqué par d’importantes dépréciations et provisions dans les comptes des banques italiennes. UniCredit, le premier établissement du pays, ne fait pas exception. Au quatrième trimestre, les provisions pour pertes sur crédits ont été multipliées par 2,6 par rapport au trimestre précédent et par 3,2 sur un an, pour atteindre 4,6 milliards d’euros.
Elles illustrent la prudence de la banque face à la dégradation de la conjoncture en Italie et en Europe centrale. Elles feront passer le taux de couverture des créances douteuses à 43,4%, soit 3,2 points de plus en un troisième. Elles témoignent aussi de la plus grande sévérité de la Banque centrale d’Italie, qui, la semaine dernière, a enjoint aux établissements du pays d’accroître leurs provisions.
Concernant UniCredit, leur impact comptable a toutefois été partiellement compensé par un crédit d’impôt de 2 milliards d’euros lié aux survaleurs. En fin de compte, le groupe affiche une perte de 553 millions d’euros sur le trimestre, à comparer avec un bénéfice de 114 millions d’euros un an plus tôt. Les analystes avaient anticipé une perte de 375 millions d’euros, selon le consensus Bloomberg.
Autre conséquence, le montant des provisions a obligé les dirigeants d’UniCredit à revoir à la baisse leurs objectifs financiers, sans donner beaucoup plus de précisions. Le directeur général Federico Ghizzoni a prévenu que le premier semestre 2013 serait aussi difficile que l’année dernière. En raison du niveau des taux, la banque s’attend à une baisse de son revenu net d’intérêt par rapport à 2012. Mais l’objectif de 9% de ratio de fonds propres purs sous Bâle 3 est maintenu – il atteignait déjà 9,2% au 31 décembre dernier.
UniCredit a renoué avec les bénéfices sur l’année entière, après une perte abyssale de 9,2 milliards d’euros en 2011 liée à des dépréciations d’actifs. Elle affiche un résultat net de 865 millions d’euros, notamment grâce à des mesures d’économies: suppression de 4.000 postes (à 156.000) et fermeture de 174 agences, dont 100 en Italie. Les coûts d’exploitation ont reculé de 3%, à 15 milliards d’euros, alors que les revenus ont progressé de 1%, à 25 milliards. La banque prévoit de fermer 350 agences d’ici à 2015. Elle a proposé le versement d’un dividende de 0,09 euro par action.
UniCredit a par ailleurs annoncé la cession, à perte, de sa filiale kazakhe déficitaire ATF Bank à KazNitrogenGaz.
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