Un rapport sénatorial recommande de compléter la loi Lagarde
Dans leur rapport présenté hier aux membres de la Commission sénatoriale pour le contrôle de l’application des lois, les sénateurs Muguette Dini (UCR, Rhône) et Anne-Marie Escoffier (RDSE, Aveyron) l'écrivent d’emblée : la loi du 1er juillet 2010 portant réforme du crédit à la consommation (dite loi Lagarde) est «sans doute la plus structurante en matière de crédit à la consommation depuis la loi Neiertz de 1989».
Elle passe en revue dans un objectif de «responsabilisation du crédit» tous les stades de la vie du contrat : publicité, modes de commercialisation, conditions de formalisation et fonctionnement du crédit.
Comme le souligne le rapport, «la stabilité du marché du crédit à la consommation depuis la forte baisse de l’année 2009 masque des évolutions profondes au sein de ce marché, avec une nouvelle configuration en matière d’offres». Ainsi, la substitution du crédit amortissable au crédit renouvelable - avec une baisse de 6,1% du crédit renouvelable en 2011 selon l’ASF contre une hausse de 8,4% des prêts personnels - a répondu aux espoirs du législateur. Au-delà des seuls effets de la loi, il convient de préciser que d’autres facteurs (resserrement des conditions de crédit, solvabilisation d’une partie de la demande grâce à une baisse du prix des produits) ont également joué.
Pour autant, les sénateurs estiment au terme de leur mission que des améliorations peuvent être apportées au dispositif existant. Vingt propositions (dix sur le crédit à la consommation et dix sur le surendettement) figurent dans le rapport. Certaines rejoignent celles avancées par l’UFC Que Choisir en avril dernier. C’est notamment le cas de l’interdiction des cartes «confuses», en découplant les cartes de paiement (crédit renouvelable ou non) et les cartes de fidélité. Ou encore celle du démarchage pour le crédit renouvelable et le renforcement de la vérification de la solvabilité de l’emprunteur. Les rapporteurs proposent à cette fin de rendre obligatoire la présentation des trois derniers relevés de compte bancaire, afin de vérifier aussi bien les ressources que les charges de l’emprunteur.
En ce qui concerne la lutte contre le surendettement et la création d’un registre national des crédits, également appelé «fichier positif», le rapport rappelle qu’un groupe de travail sénatorial a été constitué. Ses conclusions sont attendues à l’automne 2012.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter