Un an après, la loi américaine sur l’inflation a déjà fait des gagnants
La loi sur la réduction de l’inflation (IRA), adoptée en août 2022, représente la plus importante mesure prise par les Etats-Unis pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les centaines de milliards de dollars de crédits d’impôts promis à long terme ont des effets déjà perceptibles sur l’industrie américaine. Les ventes de véhicules électriques aux Etats-Unis ont ainsi augmenté de 54% au premier trimestre 2023 par rapport à la même période en 2022, et des constructeurs comme Tesla, Hyundai, Kia, Ford, GM et BMW, ont lancé des investissements de plusieurs milliards de dollars dans leurs capacités de production aux Etats-Unis afin de rester éligible aux crédits à la consommation de l’Inflation Reduction Act (IRA).
En conséquence, la capacité de production de batteries aux Etats-Unis connaît des taux de croissance supérieurs à ceux de l’Europe et même de la Chine. Les incitations de l’Inflation Reduction Act sont si fortes que les entreprises ont réorienté leurs investissements de l’Europe vers les États-Unis. Dans le solaire, le grand gagnant est First Solar, l’un des fabricants américains de modules solaires. Car en utilisant un produit First Solar, le développeur d’une ferme solaire accède instantanément aux crédits d’impôt à l’investissement et à la production de l’IRA. D’autres secteurs n’ont pas, ou pas encore, profité de l’IRA à plein, comme l’hydrogène ou la captation de carbone, car ces projets demandent plus de temps et d’importants capitaux pour sortir de terre.
Un coup d’avance en matière d’incitations
Avec l’IRA, les Etats-Unis ont pris de l’avance. Aucune région n’a répondu par un ensemble d’incitations aussi importantes. Le Japon et la Corée du Sud ont réorienté leurs stratégies nationales pour donner la priorité à divers aspects de la chaîne de valeur des technologies propres, mais des entreprises de ces régions avaient déjà sauté sur l’opportunité offerte par l’IRA, comme Panasonic, Toyota, Honda et LG Energy.
L’Europe a mis en place un «cadre temporaire de crise et de transition» (TCTF), qui fait partie de son Green Deal. Cela a permis d’endiguer à la marge le déport d’investissements vers les Etats-Unis, car les entreprises préfèrent toujours la simplicité de la législation américaine au système européen d’aides ou des subventions, plus complexe.
Ainsi, du fait de la stabilité et de la visibilité qu’offre l’IRA, nous nous attendons à ce que les promoteurs d'énergies renouvelables aient davantage confiance dans les Etats-Unis pour investir sur place. Il améliorera aussi considérablement la rentabilité de certaines des entreprises américaines de technologies propres au cours de la prochaine décennie.
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