Tracfin est vigilant sur le crédit conso et le crowdfunding
Le service français de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, Tracfin, se dit très attentif aux risques auxquels peuvent être liés, non seulement les paiements et retraits en espèces dont l’encadrement vient d’être renforcé, mais aussi les crédits à la consommation, le financement participatif et les monnaies virtuelles.
«Jusqu’à une date récente […], le crédit à la consommation nous paraissait […] une opération à faible risque parce que les montants étaient relativement limités», a expliqué hier Jean-Baptiste Carpentier, directeur de Tracfin, lors de la présentation de son rapport annuel sur les risques de blanchiment et de financement du terrorisme. Alors que les auteurs des attentats perpétrés en janvier à Paris s'étaient notamment financés grâce à des crédits renouvelables, Tracfin demande aujourd’hui aux distributeurs de ces crédits, susceptibles de transmettre au service de Bercy des déclarations de soupçons, «d’apporter une vigilance supérieure».
«On sait très bien que l’exercice est difficile, a reconnu Jean-Baptiste Carpentier. On ne demande pas aux déclarants d’aller sonder les reins et les cœurs de leurs clients.» Cependant, «au-delà du risque d’impayé, [les spécialistes du crédit à la consommation] doivent aussi s’interroger sur les risques d’utilisation des fonds qui seront prêtés», affirme le haut fonctionnaire.
Tracfin, qui a été associé à la mise en place du cadre juridique applicable aux acteurs du financement participatif, entré en vigueur l’année dernière, reste aussi vigilant vis-à-vis des risques liés à ce type de collecte. «Nous ne sommes pas hors droit mais peut-être effectivement qu’il faut renforcer le dispositif», a estimé Jean-Baptiste Carpentier. Et d’expliquer que de nombreux pays sont sensibles à la question des risques liés au financement participatif. Tracfin surveille enfin les monnaies virtuelles, alors que le service a connu en 2014 une «nette augmentation» des déclarations de soupçon des professionnels en lien avec ces monnaies.
Cette augmentation est intervenue dans le contexte d’un bond de plus de 33% sur un an en 2014 des informations transmises à Tracfin, et notamment des déclarations de soupçons. L’activité du service ne s’est pas démentie au premier semestre. Sur cette période, le service a reçu 9% d’informations en plus sur un an. Certains professionnels rechignent cependant toujours à transmettre des informations, selon Tracfin, comme les assureurs.
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