Scor GI s’adapte à la réglementation pour les dettes d’infrastructures
Scor Global Investments, la filiale de gestion d’actifs du réassureur français, poursuit son incursion sur le marché des créances sur fond de «deleveraging» des banques. Après avoir investi le terrain des «leveraged loans» (prêts avec effet de levier), Scor GI s’attaque aux infrastructures. Scor Infrastructure Loans, structuré sous la forme d’un fonds commun de titrisation (FCT), vise une levée de 500 millions d’euros environ, 250 millions ayant déjà été engagés par la maison mère.
«Nous avons choisi le FCT pour sa plus grande sécurité juridique encadrant le droit des sûretés et bénéficiant en la matière d’une jurisprudence, avec la problématique “Coeur Défense”», explique Fabrice Rossary, directeur des investissements de Scor GI. Un travail a été mené avec le cabinet Gide Loyrette Nouel afin que le FCP remplisse les conditions des fonds de prêt à l’économie (FPE), issus de la réforme du Code des assurances entérinée par un décret du 2 août dernier. Les assureurs peuvent investir jusqu’à 5% de leur bilan dans les FPE, soit une capacité potentielle de 90 milliards d’euros pour le secteur français de l’assurance.
Scor GI s’appuie sur BNP Paribas Securities Services comme banque dépositaire et sur France Titrisation. Une équipe de gestion, sous la houlette de Karen Azoulay (ex-Dexia), a en outre été constituée. Le fonds a déjà verrouillé deux opérations, l’une dans le transport et l’autre dans l’énergie (réseaux de chaleur), pour un montant de 10 millions d’euros chacune, et travaille sur l’éolien. La marge visée s’élève à 250 points de base au-dessus du taux sans risque et la maturité moyenne devrait avoisiner cinq à dix ans.
Les investisseurs potentiels sont des assureurs ou des fonds de pension. Fabrice Rossary souligne que «grâce aux sûretés qui y sont attachées cette classe d’actifs bénéficie d’un niveau de recouvrement élevé en cas de défaut de l’émetteur (entre 70% et 80% selon les agences de rating)». En ce qui concerne Scor, «ce type de produits correspond à une recherche de rendement récurrent et une certaine décorrélation avec les autres classes d’actifs», ajoute Fabrice Rossary.
D’autres acteurs de l’industrie se positionnent également sur ce marché peu liquide. Axa, CNP Assurances (pour des opérations primaires en partenariat avec Natixis) ou encore Aviva Investors ont fait des annonces en ce sens cet été, tandis qu’Amundi prévoit d’avancer d’ici à la fin de l’année.
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