Scor fait en Espagne la démonstration de son appétit pour le risque
Deux jours seulement avant de lever le voile, mercredi, sur ses résultats annuels 2012, Scor a fait part hier d’une opération qualifiée de «majeure» par le réassureur en Espagne. En l’occurrence, le groupe français y prend en charge auprès de BBVA Seguros la réassurance, avec une quote-part de 90%, d’un portefeuille de contrats d’assurance de personnes liés à des prêts immobiliers ou à la consommation. Le traité, signé par une filiale irlandaise (Scor Global Life Reinsurance Ireland), concerne le risque de mortalité et d’invalidité permanente pour des contrats souscrits jusqu’à fin 2012. Il prend effet rétroactivement au 1er janvier.
Scor précise que sa filiale acquitte dans ce cadre une commission de réassurance voisine de 630 millions d’euros. Le transfert initial en numéraire est toutefois «très limité», selon le groupe français, qui reçoit les réserves correspondantes au portefeuille dès la mise en œuvre du traité. Le réassureur souligne que la transaction devrait générer un volume total de primes pour son compte d’environ un milliard d’euros, dont une prime brute estimée à 120 millions d’euros pour l’exercice 2013.
Le directeur général de Scor Global Life, Gilles Meyer, estime que l’accord avec BBVA Seguros «satisfait le critère de rentabilité» de Scor et qu’il «contribuera significativement à la valorisation de l’embedded value en 2013». Surtout, selon le dirigeant, «cette opération de rachat d’un portefeuille traditionnel de mortalité est pleinement en ligne avec la stratégie» du groupe et avec son «appétit au risque».
L’opération nouée par Scor n’est pas sans rappeler, tant par la taille que, surtout, par la démonstration de l’attrait des actifs espagnols pour les réassureurs internationaux, celle annoncée fin novembre dernier par Berkshire Hathaway. La société d’investissement dirigée par Warren Buffett convenait alors de verser une commission de 600 millions d’euros pour la réassurance d’un portefeuille de contrats d’assurance vie souscrits auprès de la filiale dédiée au secteur chez Caixabank, VidaCaixa. Hier, Gilles Meyer s’est félicité de pouvoir «encore renforcer (la) position (de Scor) sur le marché vie espagnol». Cela dans une économie où le nombre de chômeurs a franchi le mois dernier pour la première fois le seuil symbolique des 5 millions.
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