Santander s’offre un rayon de soleil avec la cotation de sa filiale mexicaine

La banque espagnole va récolter 4 milliards de dollars grâce à la cession d’un quart du capital de Grupo Financiero Santander Mexico
Benoît Menou

Face à un climat morose sur son marché historique, Santander trouve depuis quelques années des raisons d’espérer outre-Atlantique. L’opération en cours au Mexique en est une nouvelle illustration, signe de confiance des investisseurs dans le potentiel tant de la banque que de l’économie locale et régionale. Il semble en effet que l’introduction en Bourse de la filiale mexicaine de Santander, Grupo Financiero Santander Mexico, a rencontré un franc succès. De sources concordantes, la banque devrait récolter quelque 4 milliards de dollars par le biais de la cession, à New York et à Mexico, d’un quart (24,9% précisément) du capital. Ce montant correspond à un prix de 31,25 pesos par action vendue sur la place mexicaine, un prix se situant au milieu de la fourchette indicative de 29,0 à 33,5 pesos publiée par Santander. Les actions cotées à New York représentent 80% de l’offre totale, chacune représentant cinq titres mexicains et devant être introduites au prix unitaire de 12,18 dollars.

Après officialisation du cours d’ouverture, les premières transactions sur les deux marchés sont attendues dès aujourd’hui. L’opération, souscrite cinq fois selon des sources Bloomberg, constitue la plus importante introduction en Bourse jamais réalisée par une société mexicaine. Elle est menée sous la houlette d’UBS, Deutsche Bank et Bank of America.

L’opération permet à Santander de réaliser une coquette plus-value. Le cours pressenti d’IPO représente en effet une prime de 65% par rapport aux 2,5 milliards de dollars déboursés par la banque espagnole en 2010 lorsqu’elle avait racheté exactement cette part du capital auprès de Bank of America. Elle revêt un caractère stratégique après que le président de Santander Emilio Botin a indiqué début septembre qu’elle faisait partie d’un projet de cotation des principales entités au cours des cinq prochaines années destiné à mettre en valeur l’autonomie nationale de chacune. En 2009 déjà, Santander avait mis en Bourse 14% du capital de sa filiale brésilienne, avant de scinder des activités en Pologne et au Chili. Un moyen pour la banque de valoriser le dynamisme de ses activités hors d’Espagne. Ainsi, le résultat net de la filiale mexicaine a bondi de 18% au premier semestre à 720 millions de dollars, pour représenter 12% de celui du groupe tandis que la part du pays dans les actifs du groupe s’élève à 4%.

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