Santander compte introduire sa filiale argentine en bourse
Un gérant louait hier auprès de Bloomberg l’«intelligence» de Santander d’être bien moins dépendante que ses concurrentes de son marché domestique délicat. Emilio Botin, le président de la principale banque espagnole, appréciera. Ce sentiment a été validé par la publication hier de résultats annuels 2010 conformes aux attentes et marqués par ce que le groupe qualifie de «renforcement de la diversification géographique».
Cette diversification conduit d’ailleurs le groupe à se muer en holding de participations cotées. Après l’introduction en bourse de sa filiale brésilienne, qui lui avait permis de lever 11 milliards de dollars, Santander a indiqué hier préparer l’IPO de son pôle en Argentine. Ce dernier, qui représentent 10% du marché local, a dégagé en 2010 un résultat net de 393 millions de dollars, en hausse de 31%. La banque espagnole envisage par ailleurs de longue date de coter ses activités au Royaume-Uni, sans doute pas avant fin 2011.
Les revenus bruts de Santander ont dans l’ensemble progressé de 6,8%, à 42 milliards d’euros. Les provisions (10,3 milliards, +8%) ont à nouveau affecté le résultat net, en baisse de 8,5%, à 8,18 milliards d’euros. Raymond James soulignait de son côté la «poursuite et même l’accélération de la pression sur les marges d’intérêt» dans la banque de détail en Espagne en fin d’année 2010.
Objet de toutes les attentions, le taux de créances douteuses du groupe a progressé de 31 points de base en 2010 pour s’élever à 3,55%. Il s’établissait à 4,24% en Espagne. Sur le secteur de la promotion immobilière dans le pays, il atteint 35% (sur un total de prêts de 27,3 milliards d’euros).
Le salut, comme chez BBVA, est donc venu de l’étranger. En premier lieu du Brésil, qui a représenté 25% du résultat net l’an passé (43% pour l’ensemble de l’Amérique latine avec un résultat en hausse de 25%). Loin devant les 15% du bénéfice générés en Espagne. Le Royaume-Uni n’a pas démérité, avec un résultat en progrès de 11%. Et Santander entend diversifier encore son empreinte internationale, par le biais notamment de trois acquisitions dans des «marchés clés», annoncées en 2010 mais non finalisées l’an passé: en Allemagne (réseau de détail de la suédoise SEB), au Royaume-Uni (agences de RBS) et en Pologne (avec Bank Zachodni).
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