Santander absorbe Banesto et Banif pour réduire ses coûts
La consolidation du système bancaire espagnol bat son plein. Même pour le premier groupe bancaire de la zone euro par la capitalisation boursière, Banco Santander, qui vient d’annoncer la fusion par absorption du réseau Banesto, et celle de Banif, sa division de banque privée. Selon un communiqué, les deux établissements opéreront «sous une marque unique», c’est à dire sous l’enseigne du géant espagnol.
En mai 2013, Banesto, le Banco Espanol de Crédito, disparaîtra après 110 ans d’existence. Objet d’un retentissant scandale, la banque était tombée en 1994 dans le giron de Santander qui avait obtenu 73,45% de son capital après une vente aux enchères avant de lancer une OPA en 1998. La part au capital atteint aujourd’hui 89%.
L’absorption de Banesto et de Banif permettra au groupe d’Emilio Botin d’économiser 420 milions d’euros à horizon trois ans, soit 10% de la base de coûts, et dégager 100 millions d’euros de revenus supplémentaires. «Cela améliorera substantiellement les comptes du groupe en Espagne, fortement pénalisés par la crise», souligne José Ignacio Atance, analyste chez Cumbria FSC.
Selon ce dernier, Santander aurait même évalué la possibilité de vendre Banesto à un groupe étranger avant d’opter pour la fusion. La filiale a en effet enregistré dans les trois derniers trimestres une chute de 83,2% de son bénéfice net.
Le prix à payer: la fermeture de 700 succursales sur les 4.664 agences des trois banques, soit 15%. Mais le groupe a assuré que «les clients de Santander, Banesto et Banif sortiront gagnants de cette fusion en ayant accès à un réseau d’agences beaucoup plus important de 4.000 succursales en Espagne avec la même identité».
Il estime en outre qu’avec une réduction attendue du nombre total d’agences bancaires dans le pays de 46.000 à 30.000 entre 2007 et 2015, sa part de marché sur ce critère progressera naturellement à 13%. Comme dans toute intégration, Santander a admis qu’il y aura des réductions d’effectifs «de manière progressive, sans mesures traumatiques, via la mutation dans d’autres départements du groupe, tant en Espagne qu’à l’étranger».
Emilio Botin a enfin fait valoir que les minoritaires possédant 10,26% du capital de Banesto recevront des actions de Santander avec une prime de 24,9% sur leur prix de clôture de vendredi dernier. Les titres Santander ont «le dividende le plus intéressant du marché», plaide le communiqué.
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