S&P révise sa méthode de notation pour les banques

Afin de mieux tirer les leçons de la crise, l’agence veut davantage tenir compte des risques économiques et industriels ou du soutien gouvernemental
Tân Le Quang
Le siège de S&P. Standard & poor's
 -  Photo Bloomberg

Alors que la notion du risque pays est revenue sur le devant de la scène avec la crise souveraine et les déficits publics abyssaux en zone euro, les agences de notation, elles, poursuivent leur adaptation à une crise qui a lourdement touché les systèmes bancaires. C’est le cas de S&P qui a lancé hier une consultation sur son projet de révision de ses critères de notation pour les banques. L’idée est d’accroître leur transparence et d’améliorer la comparabilité et surtout de tirer les leçons de la crise. Pour cela, S&P veut notamment insister davantage sur les risques économiques et industriels ou le soutien gouvernemental, et intégrer ces critères à sa méthodologie d'«évaluation du risque pays pour l’industrie bancaire» (BICRA).

Afin de déterminer le «profil de crédit stand-alone» (SACP), l’agence tiendra ainsi compte du positionnement, du capital, des bénéfices, de la position de risque et de liquidité d’une banque. L’agence examinera ensuite le soutien dont elle bénéficie, du gouvernement et intra-groupe. Ce qui pourrait conduire S&P à relever la notation découlant du SACP. L’influence des gouvernements sera donc intégrée aux analyses de crédit des banques.

S&P prévoit de repositionner son analyse des bénéfices en se focalisant sur la rétention du capital, via les bénéfices retenus et leur capacité à couvrir les pertes anticipées et protéger le capital. L’agence compte séparer l’analyse du financement de celle de la liquidité et accorder plus d’importance aux risques découlant de la complexité des produits dérivés hors bilan et du financment structuré.

Après avoir testé son nouveau système sur 138 banques d’Europe, d’Europe de l’Est, d’Asie-Pacifique, des Amériques (dont 35 des plus grandes banques par actifs), S&P estime que 85% des notes d'émetteurs financiers long terme resteront stables, ou feront l’objet d’une révision à la hausse ou à la baisse d’un cran. Un impact modeste. Pour les 15% restants, l’ajustement, qui concernerait essentiellement les petites institutions ou acteurs de niches, pourrait être de plus d’un cran à la hausse comme à la baisse. En revanche, concernant sa méthode SACP, plus de 40% des notes testées ont décliné d’un cran ou plus, avec un plus fort impact sur celles des instruments hybrides. La consultation publique prendra fin le 7 mars 2011.

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