S&P jette une ombre sur le dynamisme de CNP au Brésil
Un mois et demi après la bonne surprise constituée par ses résultats semestriels, la dégradation de la note de la dette brésilienne par S&P a malmené l’action de CNP Assurances. Alors que l’assureur français a profité d’une hausse inattendue de 10,7% du produit net d’assurance (PNA, la marge avant frais de gestion) encaissé dans la première économie d’Amérique latine au premier semestre, son titre a dévissé de près de 3% dans le sillage de la décision annoncée jeudi par l’agence de notation.
CNP, via sa filiale Caixa Seguradora (ex-Caixa Seguros), affiche de fait une exposition importante au Brésil. Au premier semestre, l’assureur français a ainsi capté 41% de son PNA (hors revenus pour compte propre) en Amérique latine, dont la quasi-totalité est réalisé au Brésil. Au niveau de son résultat net part du groupe, la proportion atteint près de 25%, contre seulement environ 4,5% pour les autres marchés européens (Italie, Irlande et Espagne principalement) sur lesquels CNP opère.
«Les difficultés macroéconomiques au Brésil ne se reflètent absolument pas dans l’activité de notre filiale», avait tenu à rassurer fin juillet Frédéric Lavenir, son directeur général. Sans la dépréciation du réal brésilien, la croissance du PNA aurait atteint 15,2%, portée par les produits «prévoyance, santé, assurance emprunteur et IARD», qui représente 80% des revenus. En plein développement sous l’impulsion de la classe moyenne, le segment épargne/rRetraite a lui progressé de 13,9%.
Les inquiétudes du marché sur l’impact de la récession brésilienne sont néanmoins plus mesurées que pour Banco Santander, qui tire 20% de son profit du Brésil. La banque espagnole est par nature plus sensible à la politique monétaire restrictive de la banque centrale. Bien que ses revenus y aient augmenté de 9% au deuxième trimestre, l’établissement doit en outre composer avec un rebond de son ratio de prêts non performants, qui a augmenté de 23 points de base, à 5,13%.
«Sur un portefeuille d’investissement de CNP de 361 milliards d’euros, le Brésil ne compte que pour 11,1 milliards d’euros, soit 3%», note en outre les analystes crédit de BNP Paribas. Sur le seul portefeuille d’obligations souveraines, cette proportion est encore plus réduite. Sur 127 milliards d’euros à la fin juin, elle totalisait seulement 1,2%.
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