RBS se résout sous la contrainte à lancer l’entrée en Bourse de Direct Line
Chose promise, chose due. Afin d’obtenir l’approbation de son plan de sauvetage par l’Etat britannique, son actionnaire aujourd’hui à hauteur de 82%, Royal Bank of Scotland avait en 2009 consenti foule de promesses auprès de la Commission européenne. Dont la transmission de contrôle de l’assureur Direct Line avant fin 2013, avant une sortie totale du capital d’ici fin 2014. En dépit de conditions de marchés encore incertaines et une faible valorisation du secteur financier qui a conduit l’assureur allemand Talanx à annuler son IPO la semaine dernière, RBS a franchi une étape en annonçant vendredi son projet d’introduire en Bourse sa filiale.
Le communiqué fait état d’une cession d’au moins 25% du capital (conformément à la réglementation et sans émission de titres), qui pourrait valoriser Direct Line à plus de 3 milliards de livres (plus de 3,7 milliards d’euros). Vendeur contraint, la banque ne devra pas se montrer trop exigeante mais conserve la possibilité d’annuler l’IPO, potentiellement la plus importante à Londres depuis celle de Glencore en mai 2011, pour demander un délai à Bruxelles ou étudier une vente directe, alors que nombre de sociétés de private equity auraient jeté l’éponge ces derniers mois.
La pression est forte du fait que le contribuable britannique souffre encore d’une perte latente de 20 milliards de livres après une injection publique de 45 milliards. Le prix obtenu reste important pour Credit Suisse, qui attend toutefois depuis longtemps l’opération et souligne qu’il ne s’agit que d’une étape, les observateurs espérant particulièrement une sortie du système de défaisance des actifs toxiques (asset protection scheme).
Pour l’heure donc, RBS va s’employer à séduire les investisseurs institutionnels (et particuliers au Royaume-Uni), Goldman Sachs, Morgan Stanley et UBS prenant la tête du syndicat bancaire. Pour ce faire, Direct Line a récemment fait état de ses ambitions en tant que groupe coté indépendant.
Acteur de premier plan outre-Manche en assurance automobile ou habitation, la société a annoncé un plan d’économies et vise un rendement des capitaux de 15% ainsi qu’un ratio combiné de 98% l’an prochain. Direct Line a promis le versement d’un dividende au deuxième trimestre 2013 représentant un taux de distribution de 50 à 60%.
Le directeur général Paul Geddes a assuré que les efforts déjà déployés étaient loin d’avoir pleinement porté leurs fruits.
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