RBS n’en finit pas de solder le coûteux héritage de la crise
Sous l’œil scrutateur des régulateurs, et particulièrement à l’approche des tests de la BCE, les banques européennes affûtent leur stratégie de défense. Un mois précisément avant la publication de ses résultats annuels, prévue le 27 février, Royal Bank of Scotland s’est ainsi livrée hier à un cruel exercice de transparence.
La mise au point de la banque britannique est passé par l’annonce de plus de 3 milliards de livres (3,6 milliards d’euros) de provisions supplémentaires pour litiges au titre de l’exercice écoulé. Une provision de 1,9 milliard concerne essentiellement des poursuites liées aux titrisations de créances hypothécaires (MBS, mortgage-backed securities) et à d’«autres titres», une deuxième de 465 millions correspond à une révision concernant les indemnisations à venir de clients lésés par des produits d’assurance emprunteur, une troisième de 500 millions est destinée au remboursement des pertes subies par des PME ayant acheté des produits de couverture de taux d’intérêt. A ces montants s’ajoutent 200 millions de livres de provisions concernant divers dossiers non spécifiés.
RBS n’en a pas moins confirmé ses objectifs en matière de ratios prudentiels, à savoir un ratio core tier 1 fully loaded sous Bâle 3 voisin de 11% à fin 2015 et d’au moins 12% d’ici fin 2016. RBS avance en effet que l’impact des provisions dévoilées hier était déjà intégré dans le plan détaillé en novembre dernier. Pour l’heure, la banque table à fin 2013 sur un ratio publié voisin de 11%, correspondant à un ratio sous Bâle 3 compris entre 8,1 et 8,5%.
RBS, dont l’Etat britannique détient 82% après un sauvetage de 45 milliards de livres en 2008, a comme il se doit hier mis l’accent sur la clarté que permettait d’apporter les provisions concédées, gages d’un horizon plus dégagé. «Notre solidité financière nous permet aujourd’hui de faire face», a assuré le directeur général Ross McEwan, qui rappelle que nul ne pouvait envisager l’ampleur des coûts à venir il y a cinq ans.
Et alors que S&P a réagi en indiquant que la notation de la banque ne serait pas affectée par les nouvelles provisions, l’analyste d’Investec Securities Ian Gordon soulignait que si les éléments mis en avant par RBS n’étaient pas surprenants, les montants se situaient «dans le haut des estimations, voire au-dessus». La banque pourrait dès lors afficher une perte nette de 8 milliards de livres pour 2013, à peine atténuée par l’absence de bonus consentie hier par huit hauts responsables.
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