RBS et Santander sont contraints de revoir leur copie stratégique

Rompant l’accord de 2010, la banque espagnole a renoncé au rachat de 316 agences de la britannique. De nouveaux prétendants seraient déjà à l’affût
Benoît Menou

De l’eau avait certes coulé sous les ponts de la Tamise depuis que Santander et Royal Bank of Scotland avaient conclu à l’été 2010 le rachat par la banque espagnole de 316 agences de sa consœur britannique au Royaume-Uni pour 1,7 milliard de livres (l’équivalent de 2,1 milliards d’euros).

Un accord dont la finalisation avait été retardée, pour finalement passer aux oubliettes en fin de semaine dernière, Santander y renonçant. De quoi rebattre les cartes de la stratégie des deux établissements.

Citant un rapport du cabinet Accenture écartant toute possibilité du transfert effectif, particulièrement informatique, de la clientèle de particuliers des agences avant 2014, et 2015 pour les entreprises (19,4 milliards de livres de prêts et 21,7 milliards de dépôts à fin juin dernier), Santander a rompu les liens, conformément à l’accord qui misait sur un transfert en 2013.

La banque espagnole table pourtant sur l’introduction en Bourse de ses activités outre-Manche, un projet qui perd de sa substance en excluant les agences de RBS. Subissant la déprime en Espagne, Santander a «confirmé son engagement» envers le marché britannique. La fin de l’aventure RBS a ainsi le mérite de préserver le capital à court terme, même si elle constitue bien une occasion perdue pour la patronne de Santander UK, Ana Botin, la fille du président du groupe espagnol Emilio Botin.

L’affaire apparaît plus fâcheuse encore pour RBS, qui vient de réussir l’entrée en Bourse de son activité d’assurance Direct Line et vise la sortie imminente d’un coûteux plan public de garantie des actifs toxiques. La vente des agences a été imposée par Bruxelles dans le cadre du plan de sauvetage par les pouvoirs publics en 2008. Les analystes tablent sur un délai accordé à RBS pour finaliser son plan de cessions, la voie d’un abandon des exigences européennes semblant exclue afin de préserver l’équité avec la cession en cours dans le même cadre de 632 agences par Lloyds Banking Group.

A moins que, comme Credit Suisse en émet l’hypothèse, les deux réseaux ne soient regroupés par le gouvernement. RBS est ainsi en situation périlleuse pour trouver de nouveaux prétendants, qui plus est au juste prix. La presse britannique évoque pourtant déjà des issues, avec Virgin Money, JC Flowers ou le fonds d’investissement NBNK.

Les dirigeants de RBS ont voulu afficher hier leur sérénité quant à la «flexibilité» des autorités.

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