RBS apparaît plus fragile que ses compatriotes face au risque périphérique
C’est l’une des surprises des tests de résistance 2011. La banque britannique RBS apparaît relativement plus exposée que ses compatriotes au risque souverain périphérique, preuve que le sujet n’est pas l’apanage des banques de la zone euro. Le gros de l’exposition de RBS vient d’Irlande, avec 55 milliards de livres d’encours non souverains, dont 11 milliards en défaut.
En termes de dette souveraine, la banque britannique porte tout de même, en net, 990 millions de livres d’emprunts d’Etat grecs. L’exposition nette à l’Irlande n’atteint que 345 millions et celle au Portugal 178 millions, ce qui donne l’équivalent de 1,72 milliard d’euros de risque souverain pour les trois pays aujourd’hui sous perfusion de l’Union européenne.
Si la contagion continuait à s’étendre à la dette italienne, RBS aurait davantage de souci à se faire. Elle détient en effet près de 4 milliards de livres d’emprunts italiens, dont plus de 3 milliards sont logés dans le portefeuille de trading.
Chez Lloyds Banking Group, l’autre banque britannique nationalisée durant la crise financière, les expositions à la dette grecque, portugaise, irlandaise et italienne sont nulles. Le groupe n’a que 62 millions d’euros de risque souverain espagnol à déclarer. Les marchés n’en tenaient cependant pas rigueur à RBS, qui accusait lundi en Bourse un repli similaire à celui de son concurrent.
En valeur absolue, l’exposition de RBS aux dettes espagnoles ou italiennes est certes très inférieure à celle de Barclays ou de HSBC. Mais la banque pourrait être la seule à devoir se recapitaliser si on lui appliquait des critères plus stricts. Dans le scénario le moins favorable de l’Autorité bancaire européenne, son ratio core tier one tomberait à 6,3% fin 2012, contre 9,7 % à fin 2010. HSBC, Lloyds Banking Group et Barclays afficheraient des ratios bien supérieurs, de 8,5%, 7,7% et 7,3% respectivement. Avec un ratio core tier one minimum fixé à 7% (le niveau requis sous Bâle 3) et des décotes sur la dette souveraine allant de 5% (Espagne, Italie) à 50% (Grèce), Credit Suisse estime à 5,5 milliards d’euros le déficit en capital du groupe. «Cela dit, la méthode utilisée ne reflète pas le processus de réduction du bilan en cours chez RBS et les mesures significatives prises par ses dirigeants», relativise le courtier.
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