Raiffeisen se met à la diète pour éviter une augmentation de capital
Raiffeisen se devait de réagir. Confrontée à un effondrement de son action, sur fond d’inquiétudes redoublées avec la hausse du franc suisse concernant son exposition aux économies d’Europe de l’Est, la banque autrichienne a publié dans la nuit de mercredi à jeudi un communiqué annonçant un programme drastique d’amaigrissement. Ce dernier se traduira par la fonte de 20% de ses actifs pondérés du risque (RWA), sans échéance précise, afin de consolider son ratio réglementaire CET1 qui se situait à environ 10% fin décembre, et éloigner le spectre d’une augmentation de capital.
«Ce ne sont pas des cessions au rabais car nous ne sommes pas dans l’urgence», a commenté jeudi matin le directeur financier de la banque, Martin Gruell. «Nous voulons augmenter nos coussins de sécurité réglementaires sur le moyen terme», a-t-il insisté, en précisant que certains actifs ne seraient pas vendus mais conservés jusqu’à échéance.
Le programme, qui sera détaillé le 9 février prochain à l’occasion des résultats annuels préliminaires, inclura des ventes de portefeuille de prêts et d’entités opérant en Europe de l’Est. Martin Gruell s’est en revanche engagé à conserver sa filiale russe, qui devrait selon la banque avoir enregistré un profit supérieur à 300 millions d’euros en 2014 et rester bénéficiaire cette année.
Ces annonces ont induit un net rebond de l’action de Raiffeisen. Après avoir encore abandonné 12% en début de semaine, pour porter son plongeon à 28% cette année, le titre de la banque a grimpé de plus de 11% ce jeudi. Selon Merrion Capital, la fonte des RWA évoquée permettrait à Raiffeisen de maintenir son ratio CET1 au-dessus de 10% tout en absorbant une perte de 1,8 milliard d’euros.
Ce traitement drastique soulève néanmoins de nombreuses questions. «La baisse de 20% des RWA aura un impact substantiel sur le modèle économique et pointe de sévères difficultés», estiment les experts de CreditSights, qui n’excluent pas des opérations de gestion de passif. Malgré leur rebond de 20%, les obligations tier 1 à échéance 2025 de Raiffeisen traitaient ce jeudi à seulement 60% du pair.
Les analystes de Nomura demeurent de leur côté «méfiants» face à la «probabilité de succès» de ce plan, et attendent ses détails. «La visibilité sur les résultats demeure faible et nous sommes toujours inquiets des conséquences sur l’action des risques macroéconomiques et géopolitiques», ajoutent-ils.
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