Raiffeisen profite du désengagement de Citigroup en Europe centrale
Raiffeisen Bank International (RBI) poursuit ses emplettes auprès de Citigroup en Europe centrale. L’établissement autrichien (à ne pas confondre avec son homonyme suisse) a annoncé hier l’acquisition de la filiale tchèque de carte de crédit et banque de détail de la banque américaine. L’accord, dont le montant n’est pas communiqué, a été signé entre la filiale tchèque de RBI et Citibank Europe, entité établie à Dublin mais qui recouvre notamment les activités de réseau de Citigroup en Europe centrale.
La transaction, dont la conclusion devrait intervenir au premier trimestre 2016, «aura un effet important sur le ratio de fonds propres de RBI», annonce la banque autrichienne. Citigroup préfère se concentrer sur la clientèle d’entreprises, de banques et d’administrations publiques tchèques.
«L’acquisition du portefeuille d’activités de détail de Citibank est entièrement conforme avec nos nouvelles directives stratégiques annoncées début février. Même si pour l’instant, notre objectif est de réduire nos actifs pondérés du risque, nous souhaitons croître dans des marchés sélectionnés qui sont en situation de produire des rendements durables», indique Karl Sevelda, directeur général de RBI, qui poursuit en parallèle son plan de restructuration.
Si la crise financière et celle de la zone euro ont eu des conséquences importantes en Europe centrale et orientale, la République tchèque est, avec la Pologne, l’un des rares pays de la zone qui a su en sortir relativement indemne. Elle «bénéficie d’une économie et d’un cadre juridique stables, mais son marché bancaire a encore du chemin à rattraper et un potentiel de croissance», poursuit le dirigeant. L’expérience de la Société Générale en fournit également un indicateur. Komercni Banka, qui figure dans le trio de tête des établissements du pays, est restée la plus dynamique de ses filiales de la région depuis 2007. RBI est déjà fortement implantée en République tchèque. Raiffeisenbank revendique la place cinquième du classement en valeur d’actifs et sert près de 400.000 clients.
Ce n’est pas la première fois que RBI entre en affaires avec Citigroup dans la région. En 2013, elle avait déjà acquis sa filiale roumaine. Citi réduit sa présence dans des marchés qu’il juge non essentiels. Il vient de vendre sa filiale de crédit conso en Hongrie à un autre autrichien, Erste Group Bank.
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