Raiffeisen poursuit sa mue dans un environnement difficile

La banque autrichienne continue ses ajustements malgré les contretemps enregistrés dans le processus de vente de sa filiale polonaise.
Julien Beauvieux

Raiffeisen garde le cap malgré des vents contraires. Alors que ses actifs pondérés du risque (RWA) ont augmenté au premier semestre et que la vente de sa filiale polonaise est entravée par des questions politiques, la banque autrichienne a réitéré ce mercredi les objectifs de son plan de restructuration. «L’évolution de la réduction des RWA est en ligne avec le plan», a insisté Karl Sevelda, le directeur général du groupe, à l’occasion des résultats semestriels.

Fortement exposée à la Russie et à l’Ukraine, ainsi qu'à l’envolée du franc suisse, la banque autrichienne avait dévoilé en janvier dernier un ambitieux programme de réduction de 20% de ses RWA. Ces derniers devaient ainsi fondre de 16 milliards d’euros en données brutes, pour diminuer à environ 65 milliards d’euros à l’horizon 2017, tout en libérant des marges de manœuvre pour développer l’activité sur les segments les plus rentables. Et atteindre un ratio CET1 de 12%.

Pour l’heure, si le deuxième trimestre a été marqué par une baisse de 4,8% des RWA, leur niveau à fin juin demeure néanmoins 2% supérieur à celui de 68,7 milliards d’euros constaté à fin décembre. «L’essentiel de la hausse est lié à des mouvements de change, qui ont impacté le risque de crédit, mais aussi le risque de marché et le risque opérationnel», note la banque.

L’objectif de réduction des RWA est en outre conditionné à la cession de sa filiale polonaise. Cette dernière, qui doit libérer à elle seule 7,7 milliards d’euros, est pour l’heure différée en raison d’un projet de loi destiné à faire supporter aux banques polonaises 90% du coût de la conversion des prêts en francs suisses, qui étranglent certains emprunteurs locaux. Raiffeisen s’est dite confiante quant au rejet du texte par le parlement, et a ajouté que le processus de vente reprendrait dans deux mois, après les élections. Un projet d’éventuelle IPO d’ici à mi-2016 a par ailleurs été approuvée par le régulateur.

Sur le trimestre, le groupe a poursuivi son désengagement, en fermant notamment treize agences en Hongrie. La banque est également sortie de son activité de financement automobile en Russie, tandis que les discussions entourant la cession de 25% du capital de ses activités ukrainiennes à la Berd sont à un stade «avancé». La banque cherche aussi à vendre sa filiale slovène.

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