Quatre banques américaines risquent une dégradation de leur note
Les règles relatives aux plans de résolution de crises bancaires, en cours d’élaboration en Europe et aux Etats-Unis, semblent provoquer les mêmes réactions chez les professionnels de la finance: ceux-ci anticipent un moindre soutien de la puissance publique en cas de défaut d’un établissement.
Moody’s a ainsi prévenu la semaine dernière qu’il examinait les notes de crédit senior et subordonnées des holdings des six premières banques américaines, car l’agence de notation «envisage de réduire ses hypothèses de soutien gouvernemental», une décision qui «reflète les conséquences des mesures de résolution pour les banques américaines».
Quatre établissements –Goldman Sachs, JPMorgan, Morgan Stanley et Wells Fargo– sont placés sous surveillance négative et risquent une dégradation. Les dégradations, si elles étaient confirmées, devraient représenter un ou deux crans.
Le sens de la révision des notes de Bank of America et de Citigroup est en revanche incertain, indique Moody’s, car l’agence «prend en compte l’influence positive possible de l’amélioration de la solvabilité intrinsèque de leurs principales filiales opérationnelles, dont les notes ont été elles simultanément placées sous surveillance en vue d’un [éventuel] relèvement».
Moody’s avait annoncé en mars dernier qu’il réévaluerait ses hypothèses de soutien public pour les banques américaines. L’agence estime en effet que les plans de résolution pourraient affecter les détenteurs d’obligations émises par le holding de contrôle d’une banque si celle-ci traversait des difficultés financières.
La position de Moody’s rejoint celle de l’agence concurrente, Standard & Poor’s. Toutes deux estiment en effet que l’existence de plans de résolution (scénarios permettant de résoudre les difficultés d’une banque en limitant le risque de contamination à l’ensemble du système) donne aux Etats des solutions qui évitent le recours à l’utilisation de l’argent public, c’est-à-dire celui des contribuables. Et rend plus probable la mise à contribution des créanciers des banques. D’où une dégradation potentielle de la solvabilité des établissements.
Dans une récente enquête de Fitch Ratings, les investisseurs interrogés sur le plan de résolution en discussion en Europe, émettaient des craintes similaires. En outre, l’agence rappelait qu’un plan à l’échelle de la zone euro pourrait désavantager les banques moins solides.
Plus d'articles du même thème
-
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit une revue des actions du secteur dans la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- Les marchés se préparent à un discours ferme de la BCE
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
Contenu de nos partenaires
-
Le jour d'aprèsAssurances et mégafeux : tout le monde sera indemnisé, ou presque
Une fois les feux maîtrisés, les milliers de personnes évacuées pourront retrouver leur domicile. Certains décrouvriront des dégâts de grande ampleur. Se pose alors la question de l'indemnisation -
Think againLe réchauffement climatique est plus brutal que prévu par le Giec. Donc...
Maintenant, il faut faciliter les recherches de géo-ingénierie, ces techniques de manipulation à grande échelle de l'environnement et du climat terrestre, pour « améliorer l’effet miroir » et tenter de rétablir la balance thermique -
Operation Epic HurryPourquoi Donald Trump hésite à intensifier la guerre contre l'Iran
Deux jours après avoir évoqué une « attaque massive », le président a finalement renoncé à de nouvelles frappes contre l'Iran. Un signe que la Maison Blanche semble reconsidérer sa stratégie militaire face à Téhéran