Pictet et Lombard Odier parviennent à surmonter la hausse du franc suisse
Pictet et Lombard Odier ont tiré leur épingle du jeu au premier semestre. Dans un environnement difficile, les deux banques privées suisses sont parvenues à faire progresser leurs profits de respectivement 12% et 11%, à 226 et 70 millions de francs suisses. «L’ensemble de nos activités a contribué à l’accroissement des revenus et du bénéfice, malgré l’appréciation du franc suisse», s’est félicité Jacques de Saussure, associé senior chez Pictet.
A la suite de l’abolition du cours «plancher» par rapport à l’euro décidée mi-janvier par la BNS, le franc s’est envolé de plus de 10% par rapport à la monnaie unique, et affiche des gains par rapport à l’ensemble des grandes monnaies. Cette évolution pèse sur les actifs sous gestion, sur lesquels sont assis les frais et commissions prélevés par les deux groupes, tandis que la base de coûts en fransc suisses est artificiellement gonflée.
Chez Lombard Odier, les actifs sous gestion ont ainsi baissé de 2,8%, à 209 milliards de francs suisses (194 milliards d’euros), tandis que le recul s’est établi à 3,4% chez Pictet, à 420 milliards. Tout comme pour Pictet, ces baisses relativement contenues ont été permises par «la performance des marchés et les apports nets» d’argent frais qui ont été collectés sur le semestre, témoigne Lombard Odier. Les deux banques privées ont en outre continué de miser sur l’efficacité opérationnelle, dans un métier où les charges de personnel sont traditionnellement élevées. «Le ratio charges/produits d’exploitation du groupe s’élève à 80%», souligne ainsi Lombard Odier en référence au taux de 82% affiché à la même période de 2014. Chez Pictet, celui-ci a également diminué de deux points de pourcentage sur un an, à 73%.
Outre les facteurs macroéconomiques, les banques privées suisses voient également leur modèle économique attaqué par une demande accrue de transparence, à l’image du programme de régularisation du fisc américain. Pictet et Lombard Odier attendent toujours un verdict dans cette affaire.
Cet environnement moins favorable pèse sur la rentabilité du secteur, qui a vu son RoE médian chuter de 13,1% en 2007 à 3,5% en 2014, selon KPMG, tandis que près de 30% des acteurs perdent de l’argent. Le cabinet, qui a relevé une baisse de 24% du nombre de banques privées suisses entre 2008 et juillet 2015, à 130 sociétés, estime que 30% des acteurs devraient encore quitter le marché dans les prochaines années.
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