PICC concrétise sans éclat son introduction en Bourse à Hong Kong
L’introduction à la Bourse de Hong Kong de l’assureur chinois PICC (People’s Insurance Company of China) se fait finalement sans tambour ni trompette. Il semble loin le temps de la splendeur de la place asiatique où les émetteurs se bousculaient littéralement au portillon afin de satisfaire la soif de titres des investisseurs internationaux.
Pour autant, PICC est parvenu à ses fins en plaçant ses actions dans un environnement morose. Le groupe a dû consentir un prix pour ses actions dans le bas de la fourchette indicative afin d’assurer leur placement.
En cédant 6,9 milliards de titres au prix unitaire de 3,48 dollars de Hong Kong, contre un prix indicatif de 3,42 à 4,03 dollars locaux, l’assureur a récolté l’équivalent de 2,4 milliards d’euros. Les premières transactions sont attendues le 7 décembre. Ce succès mitigé de l’IPO de PICC ne permet pas de rassurer totalement sur les prochaines opérations prévues, même s’il peut constituer un déclic. Si l’opération n’a pas en effet suscité l’enthousiasme, elle n’en reste pas moins la plus importante sur la place asiatique depuis celle de l’assureur AIA en 2010.
PICC, numéro un chinois de l’assurance habitation, avait pourtant conclu des accords avec un grand nombre de partenaires stratégiques, au premier rang desquels l’américain AIG, devant contribuer à l’opération pour 1,4 milliard d’euros environ au total, soit près de 60% de l’offre (contre 26% en moyenne selon Bloomberg pour les IPO de plus d’un milliard de dollars au cours des deux dernières années). Et PICC avait recruté un nombre record de dix-sept banques pour motiver la demande, CICC, Credit Suisse, Goldman Sachs et HSBC menant la cohorte de ces conseils.
Mais le marché des IPO est en berne, à Hong Kong, avec un volume de titres offerts en repli de deux tiers cette année, PICC compris, selon Thomson Reuters, qui souligne de plus la prédominance en 2012 d’offres de blocs réservées à un nombre restreint d’investisseurs institutionnels. L’atonie frappe tout autant la plupart des places asiatiques, comme en Chine (-60%) et à Singapour (-40%).
Dans la région, seules la Malaisie, les Philippines et la Thaïlande se distingue à la hausse. Les promesses du marché chinois de l’assurance (19% de croissance annuelle sur les dix dernières années selon le régulateur) ne font pas le poids face à cette prudence généralisée des investisseurs.
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