Philippe Wahl devra mener à terme la mue de la Banque Postale
Un choix logique. Jean-Paul Bailly, le président de La Poste, a décidé jeudi soir de proposer au poste de président du directoire de la Banque Postale Philippe Wahl, patron de Royal Bank of Scotland (RBS) pour la France, la Belgique et le Luxembourg, en remplacement de Patrick Werner. La nomination devra être confirmée lors du conseil de surveillance de l'établissement le 18 janvier.
Philippe Wahl connaît les problématiques de banque de détail et celles de la Banque Postale en particulier. Il a mené deux rapports pour Jean-Paul Bailly en 2004 et 2005, à travers sa structure de conseil Solfi: l’un sur l’organisation de la future Banque Postale, l’autre sur la transformation des fonctions centrales du groupe consécutive à la création en 2006 de l’établissement bancaire.
En outre, Philippe Wahl a côtoyé Jean-Paul Bailly au capital de la compagnie d’assurance CNP, lorsqu’il était numéro deux des Caisses d’Epargne (entre 1999 et 2003). Au sein de l’Ecureuil, il a mené avec Charles Milhaud la modernisation de l’établissement, alors dépendant du Livret A – une logique proche de celle de la Banque Postale.
Dans un autre registre, Philippe Wahl devrait pouvoir faire preuve d’un certain sens politique. Son passage aux Caisses d’Epargne l’a conduit à se frotter à la Caisse des dépôts (CDC), qui entrera prochainement au capital du groupe La Poste. Sur ce point, il tranche avec Patrick Werner, dont l’esprit d’indépendance et l’image d’électron libre peu sensible à la logique de groupe pouvait irriter certaines personnes en interne et risquait de déplaire à la CDC. En outre, Philippe Wahl, passé par la banque de gros, pourrait se montrer plus ouvert à une alliance avec Dexia dans le financement aux collectivités locales – si ce dossier était réactivé –, alors que son prédécesseur avait fait connaître ses fortes réticences.
La non-reconduction de Patrick Werner, qui était d’ailleurs candidat à sa propre succession, n’est pas ainsi une totale surprise pour les observateurs extérieurs. Certes, son bilan de bâtisseur de la filiale bancaire de la Poste, n’est pas contesté. C’est pourquoi son éviction est jugée injuste par certains proches. Il est parvenu à agrandir considérablement la palette de produits proposés par la Banque Postale, jusqu’au crédit à la consommation et à l’assurance dommages en 2010. Une mue que Philippe Wahl devra achever.
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