Paris et Bruxelles discutent de l’avenir du Crédit immobilier de France
Nouvelle étape dans la résolution ordonnée du Crédit immobilier de France (CIF). Le Trésor et les services de la Commission européenne se rencontrent aujourd’hui pour discuter du plan de restructuration du prêteur, sauvé par l’Etat il y a un an. Ramon Fernandez, le directeur du Trésor, l’a indiqué hier devant la commission des finances de l’Assemblée.
Parmi les sujets sur la table: les fonds propres du CIF, son projet stratégique, et la possibilité d’instituer un service d’intérêt économique général (Sieg). Une option poussée par la direction de la banque, mais rejetée par le Trésor, qui estime que le marché finance l’accession sociale à la propriété. La date-butoir pour la remise du plan de restructuration à Bruxelles pourrait aussi être décalée. Elle a été fixée au 22 août, six mois après l’entrée en vigueur de la garantie temporaire de l’Etat qui permet à l’établissement de se refinancer. Son report donnerait à la banque plus de temps pour boucler des cessions d’actifs.
Les candidats intéressés à la reprise de certaines activités du groupe avaient en effet jusqu’au 15 juillet minuit pour soumettre leurs offres de rachat. Les entités n’ayant pas fait l’objet d’une offre seront réputées non viables et devront donc être intégrées dans le plan de résolution ordonnée.
De sources concordantes, la filiale de courtage Assurances & Conseils a reçu plusieurs offres. Deux autres entités sont en balance: la Sofiap, une société commune avec la SNCF, et la Banque Patrimoine et Immobilier (BPI), spécialisée dans la clientèle patrimoniale. La BPI affichait fin 2012 un total de bilan de 4,1 milliards d’euros et a dégagé l’an dernier 42 millions de produit net bancaire pour une perte nette de 6,8 millions. Plutôt qu’une vente en bloc, les marques d’intérêt viseraient certains métiers, notamment les services aux administrateurs de biens, seuls pourvoyeurs de dépôts.
En décrochant le feu vert définitif de Bruxelles, la banque espère notamment abaisser le coût de la garantie de l’Etat. Celle-ci, plus chère lorsqu’elle est provisoire, lui coûte 13 millions d’euros par mois. Il faudra y ajouter cette année le provisionnement du plan social que le CIF va mettre en œuvre en 2014, et qui concernera autour de 1.300 à 1.400 salariés sur un total de 2.300. Autant dire que, selon un proche du dossier, la banque accusera en 2013 des pertes qui dépasseront la centaine de millions d’euros.
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