Oney Banque Accord absorbe le choc de la loi Lagarde
Oney Banque Accord se remet d’une année compliquée pour les acteurs du crédit à la consommation. La banque d’Auchan a réussi à faire progresser l’an dernier son résultat net de 14% à 36,3 millions d’euros et son produit net bancaire de 4,6% à 362 millions, malgré le choc persistant de la loi Lagarde en France, qui entraîne une baisse de la production de crédit revolving et des taux d’usure.
Cette résistance, Oney Banque Accord la doit à l’international et à la montée en puissance d’activités comme la monétique et l’assurance, qui représentent désormais 35% du PNB. Le groupe réalise 20% de son activité hors de France, une part qui a vocation à augmenter. En Chine, il va gérer les terminaux de paiement et les cartes prépayées du distributeur RT Mart. En Russie, il espère obtenir d’ici à fin 2013 sa licence bancaire, pour reprendre à son bilan les encours portés par son partenaire local et en accélérer le développement.
Reste à redresser la tête en France. Malgré une hausse de 3,3% de la production, le bénéfice net 2012 a connu une contraction à deux chiffres sur un an – le groupe n’en dit pas plus. Outre la loi Lagarde, la stagnation économique et la baisse des commissions interbancaires imposée par les régulateurs pèsent sur les comptes. «Notre ambition est de faire croître le résultat de la banque en France en 2013, comme dans toutes les implantations, grâce à la diversification de nos activités, en dépit du fait que les effets de la loi Lagarde vont s’amplifier», explique Gilles Marion, directeur financier du groupe.
Oney Banque Accord attend aussi de pied ferme le fichier positif promis par le gouvernement dans le cadre du futur projet de loi sur la consommation. «Nous sommes depuis de très nombreuses années favorables à la mise en place d’un fichier positif en France, qui est déjà utilisé dans de très nombreux pays, y compris par les acteurs qui y sont opposés dans l’Hexagone. Le registre permettra d'éviter le crédit de trop et donc de diminuer les difficultés de remboursement de certains clients», rappelle Gilles Marion.
Bien capitalisée, la banque profite aujourd’hui de l’ombrelle d’Auchan pour financer ses 2,6 milliards d’euros d’encours. «Bâle 3 va nous contraindre à rallonger le terme de nos refinancements», admet cependant Gilles Marion. Mais le lancement d’un livret d’épargne pour collecter de l’épargne de bilan, à l’image de Banque PSA ou RCI Banque, ne figure pas à l’ordre du jour.
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