Nomura prépare un second plan d'économies en moins d’un an
Après la démission le mois dernier de son état-major à la suite d’un scandale de délit d’initiés, Nomura se prépare à une nouvelle cure d’amaigrissement. Dans la foulée d’une réunion des principaux cadres de l’établissement, certains d’entre eux ont expliqué aux médias que la banque japonaise préparait un plan de réduction des coûts d’un milliard de dollars afin de juguler ses pertes en dehors du Japon. Son exécution s’étalera jusqu’en mars 2014. C’est la deuxième restructuration en moins d’un an: la première, achevée, visait 1,2 milliard de dollars d’économies.
Les métiers de banque d’investissement (conseil et activités de marché) et les équipes européennes sont en première ligne. L’important développement international qu’a connu Nomura date de l’acquisition des filiales européennes et asiatiques de Lehman Brothers fin 2008, après la faillite de la banque américaine.
En juin 2011, après quatre trimestres consécutifs de déficit en Europe, Jesse Batthal, alors responsable mondial de la division wholesale banking (conseil et marchés), avait confié espérer un retour au bénéfice à la fin de l’année 2012. Tel un pied de nez, l’ensemble du groupe était passé dans le rouge au trimestre suivant en raison de la crise en Europe, tandis que les activités européennes perdaient encore de l’argent au dernier trimestre de l’exercice 2011-2012, provoquant le départ de Jesse Batthal.
Les suppressions de postes, inévitables, toucheront l’ensemble des fonctions: soutien, contrôle et suivi (back et middle office) et relation avec la clientèle (front office). «Mais il faut relativiser. Les suppressions résulteront plutôt d’une réorganisation» qui devrait comprendre des regroupements d’équipes, notamment vers Londres, explique à L’Agefi un responsable de Nomura. De plus amples détails seront communiqués jeudi, à l’occasion d’une journée destinée aux investisseurs.
Il s’agit de la première décision d’envergure du nouveau directeur général de Nomura, Koji Nagai. Il a remplacé Kenichi Watanabe, démissionnaire après la condamnation de la banque pour délit d’initié, le 1er août dernier, et souligné qu’il concentrerait la stratégie du groupe sur le Japon et l’Asie, désignant cette région comme son marché d’origine. La nouvelle a en tout cas été bien accueillie en Bourse: le titre a clos en hausse de 0,4% alors que l’indice Nikkei déclinait de 1,6%.
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