Neuflize OBC s’allège dans le financement du cinéma
La banque est en passe de céder sa participation de 46% dans Cofiloisirs à BNP Paribas, coactionnaire de la société.
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Franck Joselin
Cofiloisirs est un acteur important du financement du cinéma en France, notamment via des Sofica.
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Gerd Altmann/Pixabay
Neuflize OBC est la banque du cinéma et compte le rester. Elle aura cependant une corde de moins à son arc pour financer le 7e art. La banque est en passe de céder sa participation de 46% dans Cofiloisirs à BNP Paribas, également actionnaire à hauteur de 46% dans la structure, a appris L’Agefi de plusieurs sources concordantes. Les 8% restants sont aux mains d’UGC. Contactés par L’Agefi, BNP Paribas et Neuflize OBC n’ont pas voulu commenter.
Cofiloisirs est un acteur important du financement du cinéma en France, notamment via des Sofica, des produits de défiscalisation vendus à la clientèle aisée. Créée en 1973, la société revendique un soutien à 2.000 films depuis sa création et 300 heures de programme audiovisuel financées chaque année. La société affiche dans ses comptes 2020, les derniers publiés, environ 250 millions d’euros de créances sur ses clients. « Les premières réflexions sur une cession de la participation dans Cofiloisirs sont certainement intervenues lors du premier confinement », indique un professionnel du secteur qui préfère rester anonyme. « Le financement du cinéma est une activité de flux, où un film qui sort peut aider à financer les prochains. Or, avec la crise de Covid, de nombreux films ne sont pas sortis, ce qui a grippé le système et causé des problèmes aux sociétés de financement », continue-t-il.
Même si les chiffres publiés par la société laissent apparaître un résultat positif pour 2020, à plus de 700.000 euros, on peut lire dans les notes du bilan qu’en 2021 Neuflize OBC a baissé de 15 millions d’euros une de ses lignes de refinancement par pension. Compte tenu du pacte d’actionnaire avec BNP Paribas, cela a entraîné une réduction de la même ampleur des lignes de financement accordées par la banque de la rue d’Antin, soit au total une baisse de 30 millions d’euros de refinancements. « La société va mettre en place les mesures nécessaires via une campagne de syndication afin de respecter ses futures lignes de refinancement et ses ratios réglementaires à compter du 1er avril et poursuivre son exploitation », indiquait alors Cofiloisirs dans ses comptes.
Si de manière symbolique, cette cession, qui reste à boucler, peut apparaître négative pour Neuflize, ce n’est pas dans la production et le financement du cinéma opérés par Cofiloisirs que se trouvent ses clients les plus rentables. Cette partie très spécifique de son activité n’est donc pas forcément stratégique.
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