Moscou remet en route avec Sberbank son programme de privatisations
Si l’Etat russe entend conserver le contrôle de la principale banque du pays, l’offre secondaire de titres de Sberbank dévoilée hier n’en constitue pas moins une étape importante du plan de privatisations de Moscou. L’opération, qui laissera la Banque centrale (Bank Rossii) à la tête de 50% du capital plus une action, doit en effet permettre à l’Etat de récolter 4 milliards d’euros environ. L’actionnaire cèdera ainsi 7,58% des titres Sberbank, dont de 10 à 15% sur les Bourses de Moscou et de Londres (avec global depository shares pour cette dernière), le solde étant réservé aux investisseurs institutionnels.
La valorisation exacte de l’opération sera connue à l’issue du placement entamé hier et qui pourrait être clos dès aujourd’hui, sous la houlette de Credit Suisse, Goldman Sachs, JPMorgan, Morgan Stanley et Troika Dialog, filiale de Sberbank. La Banque centrale a indiqué que le prix de cession unitaire se situera entre 91 roubles et le cours de clôture du jour de fermeture du livre d’ordres, l’action ayant clôturé vendredi à 97,05 roubles à Moscou (+8% sous l’impulsion de la Fed). Ce dernier cours correspond à une levée de 4,1 milliards d’euros, celui de 91 roubles par action représente un total de 3,9 milliards.
Alors que les investisseurs institutionnels étrangers détiennent selon Sberbank 33,8% du capital, le patron de la banque, German Gref, a fait part hier de son «espoir» de pouvoir conclure un accord avec des acteurs asiatiques «de Chine, de Singapour, de Hong Kong et d’ailleurs». Le dirigeant se félicite de pouvoir «diversifier un peu plus la base» d’actionnaires de Sberbank. Cette dernière a précisé que sa filiale LCC Sberbank Investments est susceptible d’acquérir jusqu’à 20 milliards de roubles d’actions, représentant 12 à 13% de l’offre.
En levant le voile hier sur une opération attendue de longue date, Moscou souffle le chaud et le froid quelques jours seulement après avoir institué par décret une surveillance renforcée à l’étranger sur les sociétés publiques jugées stratégiques. L’Etat russe souhaite aujourd’hui profiter d’un climat plus porteur pour les valeurs financières et apporter un gage de sa bonne volonté de privatisations, plus d’un an après avoir cédé 10% de VTB, deuxième banque du pays. L’allègement au capital de Sberbank n’est qu’un premier pas dans un programme chiffré par le ministère des Finances à 37 milliards d’euros d’ici à 2015.
Plus d'articles du même thème
-
AM Tech Day Awards : Omphalos Fund est sacré start-up de l’année
Remis à l’occasion de la 17e édition de l’AM Tech Day, qui s’est tenue le 3 novembre au Palais Brongniart, les AM Tech Day Awards ont mis en valeur des entreprises aux profils variés et ont témoigné d’une belle créativité dans l’industrie de l’asset management. -
Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
Une cyberattaque, inédite pour une banque française, a touché Crédit Mutuel Arkéa. La banque évoque une première évaluation en dizaines de millions d'euros volés. L'estimation la plus élevée atteint 133 millions de dollars. -
Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
L’agence de notation a dégradé ses perspectives sur le Crédit Agricole et BNP Paribas mais l’ensemble du secteur bancaire profite de la victoire éclatante des démocrates aux élections de mi-mandat aux Etats-Unis.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Le départ de Christine Lagarde dès février 2027 précipite sa succession à la BCE
Contenu de nos partenaires
-
MidtermsPremier sénateur musulman, ex-bûcheron, médaillé paralympique : les nouveaux visages de la vague démocrate
Portée par le rejet de la politique trumpiste et la colère face à la vie chère, une vague bleue historique balaie les bastions républicains du pays, faisant émerger des visages démocrates jusque-là inconnus -
Tout feu tout flamme
Avant de devenir l’icône du parfum que l’on connaît, Diptyque est née d’un cabinet de curiosités germanopratin, imaginé par trois artistes aux goûts résolument éclectiques. -
« Un freinage est impératif pour sauver la Sécurité sociale »
Pour Olivier Henno, rapporteur général de la commission des affaires sociales du Sénat, voter un PLFSS avec un déficit accru serait irresponsable