Morgan Stanley et Citigroup continuent de se déchirer sur la valeur de Smith Barney
Morgan Stanley et Citigroup se sont mis au moins mis d’accord sur une chose : donner plus de temps à Perella Weinberg Partners pour trancher leur différend. La société d’investissement mandatée au mois de juillet par les deux banques qui se déchirent sur la valorisation de Smith Barney, à la tête de 1.710 milliards de dollars d’actifs, devait rendre sa décision finale dès demain. Mais Morgan Stanley et Citigroup ont annoncé hier dans un communiqué commun que la date butoir avait finalement été repoussée au 10 septembre. Il faut dire que l’écart entre la valorisation faite par chacune des deux banques américaines sur leur filiale commune de courtage est énorme.
Selon des sources concordantes, si Citigroup estime à 22,5 milliards de dollars la valeur de Smith Barney, Morgan Stanley ne l’estime de son côté qu’à 9 milliards. Dans le cas où Perella Weinberg trancherait à mi-chemin entre les deux valorisations (entre 13,5 et 18 milliards), sa décision serait retenue. En revanche, si le chiffre retenu par la société penche d’un côté (plus de 18 milliards ou moins de 13,5), la valorisation finale sera la moyenne du chiffre de Perella Weinberg et de celui de la banque dont l’estimation est la plus proche.
L’enjeu est de taille pour les deux banques, tant au niveau financier que stratégique. La décision finale déterminera à quel prix Morgan Stanley augmentera sa participation dans Smith Barney dans les prochaines années. Les deux banques n’ont pas réussi à se mettre d’accord en juin sur le prix d’exercice d’une option lui permettant de porter sa participation au capital de la coentreprise de 51% à 65%. Une valorisation dans le bas de la fourchette porterait sérieusement atteinte aux résultats du troisième trimestre de Citigroup et l’exposerait à une enquête des régulateurs sur les raisons qui l’ont conduit à ne pas réévaluer à la baisse plus tôt la valeur de Smith Barney.
Dans les négociations qui se poursuivent, Morgan Stanley se retrouve dans la situation paradoxale de minimiser les performances réalisées par Smith Barney, qu’elle n’avait pourtant jamais cessé d’encenser auparavant comme étant une de ses pépites et qu’elle souhaite aujourd’hui racheter intégralement. Greg Fleming, qui dirige la gestion de fortune chez Morgan Stanley, a réduit l’objectif de marge bénéficiaire avant impôts dégagée par Smith Barney de 20% à environ 15%, après 10% en 2011.
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