Morgan Stanley est soutenu par ses activités de gestion
Morgan Stanley, qui présentait hier ses résultats, a affiché un résultat net au premier trimestre supérieur aux attentes des analystes. D’un montant de 958 millions de dollars (1,2 milliard sans tenir compte de la mise en juste valeur de la propre dette du groupe), ce bénéfice se compare avantageusement à la perte de 119 millions enregistrée un an plus tôt. Les revenus publiés du groupe progressent de 17,8% (à 8,16 milliards de dollars), mais reculent de près de 5% (à 8,5 milliards) si l’on ne tient pas compte des ajustements de la dette.
Les regards se sont concentrés sur le plongeon du revenu de trading sur les taux, le change et les matières premières (FICC) de Morgan Stanley – qui sont passés de 2,6 milliards à 1,52 milliard de dollars. Les analystes attendaient plutôt un revenu compris entre 1,8 et 2,1 milliards de dollars. Les investisseurs ont donc boudé le titre, qui a plongé de 4,75% dès l’ouverture. Aucune des concurrentes de Morgan Stanley n’a en effet affiché une chute aussi brutale dans cette activité: Goldman Sachs enregistre par exemple un recul de 9% et Citigroup de 3%.
Morgan Stanley a particulièrement souffert sur les matières premières en raison d’un phénomène de déport, ou «backwardation» (lorsque sur un marché à terme les prix des échéances futures sont inférieurs au prix au comptant) et d’une moindre demande de couverture de la part des clients. Entre outre, la faiblesse des taux d’intérêt a pesé sur l’activité obligataire. Pendant ce temps, la banque a accentué la réduction des risques sur ses activités: ses actifs pondérés sont passés de 280 à 253 milliards de dollars, un montant supérieur à ce qui était prévu pour l’ensemble de l’exercice 2013.
Dans le trading actions, les revenus ont souffert dans un marché globalement haussier mais encore volatil, en reculant de 20% (à 1,6 milliard de dollars).
En revanche, à l’instar de celui de Bank of America, le pôle de gestion de fortune de Morgan Stanley a tenu ses promesses, puisqu’il représente désormais 41% des revenus du groupe (soit 3,47 milliards de dollars) au premier trimestre, progressant de 5,4%. En bondissant de 48%, le bénéfice avant impôt a établi un nouveau record trimestriel dans cette activité, à 597 millions de dollars. L’activité de gestion d’actifs, plus modeste, est également bien orientée: ses revenus progressent de 21% à 645 millions et ses bénéfices imposables 46%, à 187 millions.
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