Morgan Stanley dresse la liste des banques considérées comme systémiques
En appliquant la méthodologie révélée la semaine dernière par le Comité de Bâle pour identifier les établissements financiers systémiques au niveau mondial (G-Sifi), Morgan Stanley a dressé dans une note la liste des banques, pourtant tenue secrète, qu’il estime concernées.
L’analyse du Comité de Bâle repose sur cinq critères: la taille, la complexité, l’interconnexion, les activités transfrontalières et la substituabilité des produits. Les 28 banques retenues se verront exiger une surcharge de capital comprise entre 1% pour le panier 1 et 2,5% pour le panier 4, qui s’ajoutera au ratio de fonds propres durs (common equity ratio one, CET1) de 7%.
BNP Paribas serait ainsi la seule banque française intégrée au panier 4, aux côtés de Deutsche Bank, HSBC, Citigroup, Bank of America, JP Morgan, Barclays et RBS.
Morgan Stanley n’a en revanche pas tranché sur la place de quatre établissements, dont deux banques françaises. «Nous avons noté dans notre étude que la Société Générale, le Crédit Agricole, Dexia et Unicredit semblent se situer à la frontière entre 1,5% (panier 2) et 2% (panier 3)», indiquent les analystes.
BPCE serait quant à elle la seule banque française intégrée au panier 1, accompagnée de BNY Mellon, State Street, Commerzbank, BBVA, Wells Fargo, Rabobank, Nordea et Mizuho Financial. Outre les quatre banques qui pourraient in fine y être intégrées, le panier 2 ne concernerait qu’ING et Santander et le panier 3 les banques d’investissement Goldman Sachs, UBS et Credit Suisse.
Reprenant les indications de sources proches du Comité de Bâle, le Financial Times a pu ajouter deux établissements que la banque américaine ne couvre pas pour parvenir à une liste de 28, à savoir Morgan Stanley elle-même et MUFG. La première subirait une surcharge de 2% et la seconde de 1,5%, selon le journal.
Morgan Stanley rappelle en outre que les CoCos (contingent convertible bonds), ces obligations converties d’office en actions lorsque la solvabilité d’une banque passe en dessous d’un seuil défini à l’avance, n’ont pas été retenues par le Comité pour combler la surcharge de capital exigée. Mais la banque prévoit que dans certains pays où le secteur financier est très important, ces outils seront utilisés comme garantie supplémentaire. «Par exemple, nous pensons que la Suède et le Royaume-Uni pourraient suivre le chemin de la Suisse avec un core tier one de 10% plus 2-3% de CoCos», indiquent les analystes.
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