Morgan Stanley cherche toujours à se défaire de son négoce physique de pétrole
Morgan Stanley, principal acteur du négoce physique de pétrole parmi les géants bancaires américains, songe depuis une année à se délester de cette activité. La banque pourrait approcher du but, au regard des négociations engagées selon diverses sources avec le groupe public russe Rosneft, numéro un mondial coté du pétrole depuis le rachat en mars de TNK-BP.
Selon le site dédié au secteur SparkSpread, les pourparlers n’en seraient qu’à un stade préliminaire et pourraient bien encore ne pas aboutir. Ils sont quoi qu’il en soit le signe d’une volonté tenace de Morgan Stanley, après les négociations avortées l’année dernière avec le fonds souverain du Qatar QIA de renoncer à une activité non seulement en perte de vitesse en termes de rentabilité mais aussi considérée par les régulateurs outre-Atlantique comme devant sortir du champ d’action des banques.
L’activité de négoce de matières premières a affiché en 2012, à 5%, le plus faible rendement des fonds propres parmi toutes les activités de négoce de Morgan Stanley. Et selon la société d’études Coalition, les revenus engrangés par les dix principales banques d’investissement mondiales dans le négoce de matières premières ont chuté de 18% sur les neuf premiers mois de l’année, à 4 milliards de dollars. Morgan Stanley, qui a subi un recul de 15% sur le troisième trimestre, a d’ores et déjà cette année réorganisé la direction de son activités matières premières et procédé au licenciement de 10% environ de ses effectifs, soit une trentaine de postes.
Mais l’horizon réglementaire n’est guère plus engageant. Les pouvoirs publics soupçonnent les banques de renforcer la volatilité des marchés en exerçant leur pouvoir au-delà de leur expertise financière fondamentale. Sans compter que le négoce physique expose les banques à des risques industriels majeurs jugés inutiles.
Rosneft, qui compte à son conseil d’administration depuis cette année l’ancien PDG de Morgan Stanley, John Mack, poursuivrait ainsi de son côté sa course à la taille, particulièrement cette fois aux Etats-Unis. L’opération devrait en effet inclure TransMontaigne Inc, société de transport et de stockage de produits pétroliers et chimiques basée dans le Colorado (et également présente au Mexique), ainsi que la participation de 49% de Morgan Stanley au capital de Heidmar, société du Connecticut assurant la gestion de centres de stockage.
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