Moody’s met les notes des banques britanniques sous pression

L’agence de notation envisage d’abaisser les notes de 14 banques britanniques, dont Lloyds TSB Bank et RBS du fait d’un moindre soutien de l’Etat
Patrick Aussannaire

Sans le soutien de l’Etat, la solidité des banques britanniques s’étiole. L’agence de notation Moody’s a annoncé hier qu’elle envisageait d’abaisser les notes de 14 grandes banques du cru, dont Lloyds TSB Bank (détenue à 41% par l’Etat) et RBS (83%), suite à l’érosion de la capacité de soutien des pouvoirs publics en cas de crise.

Cette action fait suite au changement de méthode de l’agence concernant la notation de la dette senior et notamment l’intégration ou non du soutien étatique dans les critères de notation (communément appelée «soutien systémique»). Elisabeth Rudman, analyste chez Moody’s, précise que «le réajustement n’est pas lié à une détérioration de la solidité financière du système bancaire ni à celle du gouvernement», mais «fait suite aux déclarations des autorités britanniques (la Banque d’Angleterre, la FSA et le Trésor) selon lesquelles les banques qui seront en situation de défaut à l’avenir ne doivent pas s’attendre à des injections de capitaux provenant des poches de l’Etat».

Moody’s pourrait bien mettre ses menaces à exécution. Le processus d'évaluation de l’agence de notation prendra environ trois mois et sera consacré à l’étude de «l’acceptabilité du point de vue politique d’un nouveau soutien du contribuable pour le système bancaire», ainsi que la capacité du gouvernement britannique «à prendre à son compte de nouveaux engagements en cas d’urgence», indique l’agence dans son communiqué.

Or, Elisabeth Rudman souligne que le Royaume-Uni est «peut-être le pays le plus inflexible quant au fait que le contribuable soit amené un jour à mettre une nouvelle fois la main à la poche pour sauver les banques». Si les autorités britanniques ont plus de difficultés à imposer aux grands établissements financiers des mesures visant à laisser les créditeurs assumer leurs pertes, Moody’s estime qu’elles y parviendront à moyen terme.

HSBC a été épargné, sa note Aa2 ayant été confirmée avec sa perspective négative, ainsi que Barclays qui a subi un abaissement de la perspective d'évolution de sa note Aa3 à «négative». RBS et Lloyds, dont les résultats du premier trimestre ont été très affaiblis par le dossier des ventes d’assurance emprunteur et par leur exposition à l’Irlande, restent les plus menacées selon les analystes, leur note étant très fortement liée au soutien de l’Etat.

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