Moody’s affiche des perspectives stables pour les banques françaises
Sur 25 banques françaises évaluées par Moody’s, 23 ne devraient pas voir leur note changer dans les mois à venir, la perspective étant stable, affirme l’agence de notation dans son rapport annuel sur les banques françaises, publié ce jeudi. Les deux établissements dont la note pourrait être abaissée, étant en «perspective négative» sont HSBC France et le Crédit Mutuel Arkéa.
La très grande majorité des banques devrait profiter de la croissance économique retrouvée, souligne Moody’s. Celle-ci est le gage d’une diminution de la proportion des créances douteuses, aussi bien du côté des entreprises que des ménages. En outre, la croissance économique dope la demande de crédit. Une tendance favorable aux banques, alors que le coût du crédit se stabilise à des niveaux très faibles, les provisions pour pertes restant parmi les plus basses de la zone euro. L’exposition relativement forte des établissements français aux actifs à risque ne suffit pas à contrecarrer cette tendance positive.
Autre point positif : les banques hexagonales sont bien capitalisées, un peu au-dessus de la moyenne de la zone euro. A peine moins que les banques allemandes, et bien au-dessus des niveaux italiens et espagnols. Moody’s a établi son propre stress test, et conclut de l’exercice que «les actifs et les ratios de profitabilité du système bancaire français résistent mieux à un choc que la moyenne de la zone euro».
Pour autant, la situation financière des banques françaises ne va pas s’améliorer franchement sous l’effet de la croissance de l’économie. Les bénéfices «devraient rester stables ou baisser légèrement», écrit Moody’s, car les revenus tirés des intérêts perçus vont continuer de diminuer. Cette baisse sera certes compensée par les commissions sur la gestion d’actifs et sur la vente de produits d’assurance, mais cela ne suffira pas à doper les profits.
En outre «l’efficacité du point de vue des coûts reste à un faible niveau», estime Moody’s. L’agence pointe notamment le retard pris dans la restructuration des réseaux de détail – la France affiche le plus grand nombre d’agences bancaires par habitant, après l’Espagne - en regard des autres pays européens. Même si des efforts sont faits dans le numérique. Ce retard aboutit au maintien d’un ratio coûts/revenus élevé, de 69%. Il est cependant plus faible qu’en Allemagne, Luxembourg, et Italie.
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