Monte Paschi porte son appel au marché à trois milliards d’euros
Monte dei Paschi di Siena semble goûter les opérations de Bourse d’envergure, à la mesure de ses difficultés. A l’occasion de la publication de ses comptes annuels, la vénérable banque italienne a porté à trois milliards d’euros le montant de l’augmentation de capital prévue cette année. En juin 2014, elle avait déjà émis cinq milliards d’euros de fonds propres – sans beaucoup d’effet puisque son action a perdu près de 85% de sa valeur depuis, clôturant hier la séance en baisse de 1,3%, à 0,43 euros.
En novembre dernier, Monte Paschi avait annoncé vouloir lever 2,5 milliards, à la suite de résultats de tests de résistance communiqués par la Banque centrale européenne en octobre. L’établissement en était ressorti avec le statut peu enviable de plus mauvais élève du secteur, avec un déficit en fonds propres de 2,11 milliards d’euros. La BCE a fixé à Monte Paschi un objectif de fonds propres durs sous Bâle 3 (common equity tier one, CET1) transitoire de 10,2%. En intégrant par anticipation l’augmentation de capital à venir, le CET1 atteindrait 11,4% au 31 décembre 2014.
La volonté des dirigeants d’accroître de 500 millions d’euros leur appel au marché se comprend à la lumière des pertes abyssales de l’établissement en 2014: ce dernier accuse en effet un déficit net de 5,34 milliards, contre 1,43 milliard en 2013. Ce plongeon, largement supérieur aux prévisions des analystes financiers, vient essentiellement du quatrième trimestre, qui a comptabilisé une perte de 4,2 milliards d’euros (916 millions au dernier trimestre 2013), alors que le consensus Bloomberg ressortait à -2,08 milliards. Ces pertes sont la conséquence de provisions massives pour créances douteuses, qui ont cumulé à 7,82 milliards d’euros en 2014.
En effet, la revue de qualité des actifs bancaires (ou AQR, pour asset quality review), menée par les instances européennes en prélude aux tests de résistance, et les tests eux-mêmes ont imposé aux banques en situation fragile de mener un vigoureux nettoyage de leur bilan. «Le résultat de MPS a été lourdement affecté par l’AQR et les mesures qu’elle a engendrées», a indiqué Fabrizio Viola, l’administrateur délégué de Monte Paschi. La banque a également déprécié ses survaleurs de 688 millions d’euros au dernier trimestre.
Fabrizio Viola a ajouté que le montant qu’il est prévu de lever cette année doit également servir à rembourser les 1,1 milliard d’euros que Monte Paschi doit encore à l’Etat italien, sur les 4,1 milliards reçus en 2012.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien