Monte dei Paschi prépare le nettoyage de son bilan
La publication trimestrielle de Monte dei Paschi (MPS) était attendue par les observateurs. Comme la presse l’avait révélé la semaine dernière, la banque italienne a annoncé vendredi soir une perte de 3,1 milliards d’euros au deuxième trimestre en raison de nouvelles dépréciations sur des créances douteuses. MPS a en effet inscrit une provision de 4 milliards d’euros destinée à préparer l’opération de titrisation massive de 26 milliards qui doit permettre à la banque d’assainir son bilan.
En pleine restructuration, la banque italienne a pâti d’une activité mal orientée aggravée par le bas niveau des taux. Son revenu net d’intérêt a ainsi dévissé de 8,4% sur un an, à 445,9 millions d’euros, « principalement en raison de la contraction des volumes et de la baisse des rendements sur les prêts commerciaux », explique la banque. Habituels relais de développement pour le secteur, les frais et commissions ont eux progressé de seulement 1,1% à 431,2 millions d’euros mais baissent de 8,8% sur le semestre, plombés par le coût des garanties d’Etat mobilisées pour émettre 11 milliards d’euros de dette. Autant de vents contraires qui n’ont pas été compensés par la baisse des coûts de personnel et la suppression de 172 agences depuis un an.
Le compte de résultat de MPS a néanmoins surtout été grevé par 4,7 milliards d’euros de dépréciations sur prêts. L’essentiel est constitué de provisions pour ajuster la valeur comptable des prêts concernés par l’opération de titrisation. D’ici la fin de l’année, MPS doit encore nommer les futurs gestionnaires chargés du recouvrement et de la gestion des actifs à céder. La banque doit également opérer la « finalisation de la structure de titrisation » concernant le périmètre et le tranchage, puis transférer les prêts à une structure ad-hoc. Cette dernière émettra des obligations mezzanine auprès du fonds de place Atlante 2, ainsi que des titres senior auprès d’investisseurs.
Ces opérations s’intègrent dans le cadre de la procédure de recapitalisationpréventive autorisée par Bruxelles. MPS a bouclé la semaine dernière une augmentation de capital de 8 milliards d’euros, qui incorpore une injection de deniers publics de 3,85 milliards d’euros donnant à l’Etat une participation de départ de l’ordre de 54% dans l'établissement, le reste provenant de conversion de dettes subordonnées en actions. Désireuse d’atténuer le poids porté par les investisseurs particuliers italiens, Rome va probablement monter encore au capital à la suite d’un probable dédommagement des porteurs.
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