Monte dei Paschi pourrait appeler l’Etat italien à la rescousse

L’hypothèse d’une injection de fonds sous forme de «Tremonti bonds» devient crédible pour renflouer la banque toscane, en panne de capital
Alexandre Garabedian

Un milliard d’euros à trouver d’ici au 30 juin. Tel est le défi que doit relever Monte dei Paschi di Siena pour respecter les exigences de solvabilité de l’Autorité bancaire européenne. L’EBA a demandé à la banque italienne de couvrir un déficit en capital de 3,2 milliards d’euros, mais celle-ci n’a réussi à récupérer que 2,3 milliards.

Monte dei Paschi serait certes sur le point de conclure la vente de Biverbanca, une petite caisse piémontaise dont elle détient 60%, à la caisse d’épargne d’Asti. Montant estimé de la cession: autour de 200 millions d’euros, loin de suffire à combler le déficit en capital. Pour ne rien arranger, Standard & Poor’s a placé la note BBB du groupe sous surveillance négative, ce qui laisse présager une dégradation d’un à deux crans dans les trois mois, en raison de ses doutes sur les fonds propres du groupe.

Dans ce contexte, la banque toscane pourrait appeler l’Etat italien à la rescousse. Selon Il Sole 24 Ore, une injection de fonds sous la forme d’obligations Tremonti, des titres perpétuels subordonnés, pourrait être envisagée. Cette solution serait préférée à l’émission d’obligations contingentes (CoCos) converties en capital lorsque la solvabilité passe sous un certain seuil. Une décision sera prise rapidement: la banque tient le 25 juin un conseil pour approuver son plan stratégique à 2015.

Du nom de l’ancien ministre de l’Economie, les «Tremonti bonds» ont déjà été utilisées en 2009 en Italie pour renflouer certains établissements, dont MPS, qui en avait reçu pour 1,9 milliard. Le dispositif peut être réactivé rapidement. Il présente un avantage pour la banque: elle peut suspendre le paiement des coupons (entre 7,5% et 8,5%) si elle ne verse pas de dividende sur ses actions, ce qui a été le cas l’an dernier.

«Nous avons déjà écrit qu’une aide publique ou une intervention de la Caisse des dépôts italienne sont des alternatives, car elles éviteraient un placement difficile sur le marché d’instruments en actions», souligne Anna Maria Benassi, analyste chez Kepler.

De fait, sur 2012, l’action MPS perd près de 26%, ramenant la capitalisation boursière à 2,3 milliards. Une situation qui met en difficulté la Fondation MPS, actionnaire à 36,5% de la banque. Très endettée, l’actionnaire de référence a trouvé lundi soir un accord avec ses douze prêteurs: elle leur remboursera 664 millions, le paiement du solde de 350 millions étant reporté à 2017.

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