Monte dei Paschi met ses créanciers juniors à contribution

La banque italienne, qui présente aujourd’hui son plan stratégique, a suspendu les intérêts sur 481 millions d’euros de dette hybride
Antoine Duroyon

Signe des tensions qui s’accumulent sur Monte dei Paschi di Siena (MPS), la banque italienne a suspendu le paiement d’intérêts sur 481 millions d’euros d’obligations hybrides. Cette décision, autorisée sous certaines conditions sans situation de défaut, concerne les véhicules MPS Capital Trust II, Antonveneta Capital Trust I et Antonveneta Capital Trust II. Ce n’est pas une nouveauté puisque l’établissement avait fait de même le 6 février dernier pour les titres logés dans MPS Capital Trust I.

Cette annonce, faite le 20 septembre, est survenue à l’aube d’une semaine cruciale pour la banque de Sienne. Le troisième établissement transalpin doit présenter aujourd’hui un plan stratégique qui vise à répondre aux exigences bruxelloises sur les aides publiques. En échange de son feu vert, la Commission européenne a demandé au prêteur toscan de muscler son plan de redressement, en plus de la suppression de 4.600 postes et la fermeture de 400 agences, déjà annoncées. Elle a également réclamé une augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros pour 2014, soit plus du double de ce que le marché anticipait initialement.

«Etant donné que MPS affiche une capitalisation boursière de seulement 2,4 milliards d’euros environ, lever cette quantité de capitaux frais sera un défi de taille, et en l’absence d’un intérêt évident du secteur privé, il est possible que davantage d’aide publique soit finalement nécessaire», soulignaient dernièrement les analystes de CreditSights.

Cette éventualité renforce l’incertitude entourant les créances subordonnées. Depuis le 1er août dernier, la Commission européenne estime que «la juste répartition des charges engendrera en principe, après absorption des pertes en priorité par les fonds propres, des contributions des détenteurs de titres hybrides et de titres de créances subordonnées».

Dans l’immédiat, le plan présenté par la direction devra être validé par le ministère de l’Economie avant d’être transmis à Bruxelles qui devrait se prononcer sous deux mois. La Commission a rejeté un premier plan de résolution cet été. La fin de semaine sera tout aussi chargée pour MPS. Trois anciens responsables du groupe bancaire doivent comparaître jeudi à Sienne pour répondre d’accusations portant sur des transactions secrètes sur dérivés nouées en 2008 et 2009.

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