Monte dei Paschi doit donner davantage de gages à Bruxelles
La plus vieille banque du monde lutte encore pour sa survie. Après son sauvetage par les pouvoir publics italiens, Monte dei Paschi di Siena (MPS) doit consentir plus de sacrifices, estime la Commission européenne dans un courrier du 16 juillet, révélé hier par le Financial Times et consulté par Reuters. Joachin Almunia, le commissaire européen à la concurrence, demande au ministre italien des Finances, Fabrizio Saccomanni, des changements urgents pour éviter une enquête approfondie pouvant déboucher sur une amende, voire la restitution des 3,9 milliards d’aides publiques reçus par MPS.
Le ministère italien, joint par Bloomberg, assure que son plan de sauvetage n’a pas été rejeté par Bruxelles. «Il y a des négociations en cours et comme dans toutes les négociations, il y a des propositions et des contre-propositions», a déclaré un porte-parole du ministère. Le dossier est d’autant plus sensible que MPS est proche du Parti Démocrate, membre de la coalition gouvernementale. Bruxelles critique à la fois la rémunération des dirigeants de MPS, les mesures de réductions de coûts prévues, la politique de provisionnement et le traitement des créanciers. En l’état, certains d’entre eux pourront continuer à bénéficier d’un coupon préférentiel, une manne nécessaire pour l’un des principaux créanciers, la Fondazione Monte dei Paschi.
Joachin Almunia demande aussi l’arrêt des activités de courtage pour compte propre et la réduction de l’exposition aux risques souverains. Sur ces deux points, il juge «considérablement exagérée» la perte de 5.000 postes qui en résulterait, selon l’estimation de Fabrizio Saccomanni. MPS a déjà annoncé 4.600 suppressions de postes, la fermeture de 400 agences et un appel au marché l’an prochain. Initialement de 1 milliard d’euros, il pourrait avoir été relevé à 2 milliards dans les propositions additionnelles faites par la banque récemment.
Ces dernières années, d’autres plans de restructuration ont donné du fil à retordre à la Commission européenne, à l’image des deux sauvetages de Dexia, âprement négociés. Le premier n’a pas assuré la viabilité de la banque franco-belge; le deuxième ne la met pas à l’abri d’une future recapitalisation. A l’inverse, le néerlandais ING a obtenu en 2012 un assouplissement des exigences de Bruxelles, après un premier plan validé en 2009.
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