Monte dei Paschi di Siena n’en finit pas de payer la crise en Italie
La fin de l’année 2012 s’est révélée pire que prévu pour Monte dei Paschi di Siena. La troisième banque italienne, qui a dû être secourue par l’Etat en début d’année 2013, a essuyé une perte nette de près de 1,6 milliard d’euros au dernier trimestre, en raison notamment d’une dépréciation d’actifs de 1,37 milliard d’euros pour tenir compte de ses créances douteuses.
Le consensus Bloomberg s’attendait à une perte nette trimestrielle de seulement 686 millions d’euros. L’an dernier, pour la même période, les dépréciations avaient été quasiment trois fois inférieures (464 millions d’euros), signe de la forte dégradation de l'économie italienne en un an. Le produit net bancaire a reculé de 6,2% au cours de l’année, en raison d’une baisse de 18% de son produit net d’intérêt. Les coûts ont en revanche diminué de 3,7%.
Pour l’ensemble de l’exercice 2012, Monte dei Paschi di Siena accuse une perte nette de 3,17 milliards d’euros, dont 2,67 milliards de dépréciations. La perte nette annuelle est toutefois inférieure aux 4,7 milliards de 2011, exercice au cours duquel la banque avait déprécié la valeur de ses écarts d’acquisition. Ce coûteux travail de nettoyage des comptes fait dire à Fabrizio Viola, le directeur général, que Monte dei Paschi di Siena est désormais «une banque différente de celles des années précédentes».
Un optimisme que le marché risque d’avoir du mal à partager. Le ratio «core tier one» de la banque est tombé fin 2012 à 8,9% contre 11,4% trois mois auparavant. Il remonte à 11,3% en tenant compte du prêt de 4 milliards d’euros accordé en urgence par l’Etat italien le mois dernier. Selon les analystes de RBS, le niveau des créances douteuses de Monte dei Paschi di Siena risque de progresser encore cette année, pénalisant un peu plus ses résultats opérationnels. Ils n’excluent pas que le bilan de la banque ait encore besoin d'être renforcé dans les prochains mois.
En attendant, Monte dei Paschi, dont l’ancienne direction est prise dans un scandale financier, va poursuivre ses restructurations. La direction a indiqué hier vouloir supprimer 1.660 emplois cette année. Elle a déjà fermé 200 agences, la moitié de l’objectif qu’elle s’est fixé dans un plan à exécuter d’ici 2015.
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