MMA veut rentabiliser son activité d’assurance vie
Pour les assureurs vie, 2012 sera un millésime à oublier avec une décollecte nette de 3,4 milliards d’euros en France. MMA ne déroge pas à la tendance. La mutuelle mancelle a enregistré l’an dernier des retraits nets d’environ 280 millions d’euros. En 2011, la collecte était encore positive de 300 millions. «Nos provisions mathématiques sont en hausse» indique-t-on toutefois chez l’assureur pour souligner que la décollecte n’affecte pas la solvabilité.
Mais l’activité vie présente chez MMA un problème bien particulier: elle n’est pas profitable. Sa rentabilité technique n’aurait atteint que 1,5 million d’euros l’an dernier pour près de 1,8 milliard d’euros de primes brutes, selon des données communiquées en interne début février et dont L’Agefi a eu connaissance. Une anomalie à laquelle les dirigeants de l’assureur ont décidé de mettre fin en rationalisant notamment le portefeuille d’activité.
Plusieurs spécificités expliquent en effet la faiblesse de la rentabilité de MMA Vie. La prévoyance, mieux margée, connaît un développement insuffisant, tout comme les unités de compte. Les encours moyens unitaires sont par ailleurs beaucoup trop faibles. Sur les 938.000 contrats que MMA affichait à fin 2011, 45% ont un encours inférieur à 2.000 euros. Et lorsque la mutuelle décroche un nouveau client en assurance vie, celui-ci lui apporte moins de 100 euros d’avoirs dans plus de deux cas sur trois. Cela contribue à faire gonfler les frais de gestion, puisque 20% des traitements réalisés dans les back-offices concernent des contrats dont l’encours est inférieur à 1.000 euros.
La mutuelle entend donc commencer par nettoyer son portefeuille. Elle compte fermer les contrats de moins de 100 euros et remonter à environ 2.000 euros le seuil de collecte pour une entrée en relation avec un nouveau client. La priorité sera donnée à la prévoyance, la retraite et à la clientèle patrimoniale, la gamme ayant été refondue en 2012.
Le système d’incitation des agents généraux sera aménagé en conséquence. Ceux-ci obtiendraient aussi une délégation de gestion pour les actes administratifs portant sur des montants de moins de 5.000 euros, afin d’alléger la tâche des back-offices. Enfin, d’autres pistes sont à l’étude à plus long terme, comme le rapprochement du réseau Azur Patrimoine, spécialiste des conseillers en gestion de patrimoine indépendants, et du courtage.
Plus d'articles du même thème
-
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Iran : en cas de nouveau bombardement, Mojtaba Khamenei menace les Etats-Unis d’une « riposte sans limite géographique »
Les déclarations de Mojtaba Khamenei, le Guide suprême iranien, ont eu lieu samedi 31 octobre, alors que des efforts diplomatiques sont en cours pour tenter d’éviter la reprise des hostilités avec les Etats-Unis. Une délégation qatarie a ainsi rejoint Téhéran vendredi -
Mobilisation du 31 octobre : les défilés sont globalement calmes dans les grandes villes, la situation se tend à Marseille
Près de 150 défilés sont prévus en France pour la défense du pouvoir d’achat. Des manifestations ont lieu à Paris, Lyon, Marseille, Nice, Nantes, Guéret, Pau, etc. Les autorités ont mobilisé 70 000 policiers et gendarmes pour assurer l’ordre public -
Brésil : Flavio Bolsonaro affirme avoir quitté son pays afin de fuir une « persécution »
Après sa défaite à l'élection présidentielle brésilienne, Flavio Bolsonaro a légitimé sa fuite du Brésil. « La persécution a commencé même plus tôt que je ne l’imaginais », a assuré le sénateur lors d’un direct sur Instagram