Mizuho est appelé à une remise en cause d’envergure à cause de ses relations avec la pègre
Le président de Mizuho Financial Group n’a pu résister à l’ultime tornade. Dans la foulée d’une nouvelle sanction annoncée hier par l’Agence des services financiers, son autorité de tutelle, le holding financier japonais a annoncé que Takashi Tsukamoto prendrait sa retraite en mars 2014. Le président assume donc sa responsabilité dans le scandale des prêts au crime organisé qui éclabousse l’établissement depuis plusieurs mois.
Fin octobre, Takashi Tsukamoto avait été privé de son poste de président de Mizuho Bank, la filiale bancaire du holding et troisième prêteur du pays; 54 cadres ou ex-cadres avaient également été punis. Les détails ont été publiés hier: les sanctions prennent la forme de réduction, voire de suppression de leur rémunération, pour une durée allant d’un mois à un an.
Mais malgré les aveux du holding début décembre et les premières sanctions, l’autorité de tutelle estime que la direction a tardé à réagir. D’où le départ prochain du président.
Mizuho FG et Mizuho Bank écopent, en revanche, d’une peine modérée: les filiales de crédit à la consommation doivent suspendre leurs activités pendant un mois, entre le 20 janvier et le 19 février 2014, le temps de mettre la gouvernance et les systèmes en conformité et de former l’encadrement et les employés de ces filiales. Le scandale est en effet principalement arrivé par Orient Corporation, qui a octroyé 230 prêts automobiles d’un montant total de 200 millions de yens (1,5 million d’euros) à des «forces antisociales», euphémisme qui désigne les membres de la pègre. Cette pratique a duré deux ans et a eu lieu en connaissance de cause, selon l’enquête.
Le holding a également présenté des mesures de renforcement de sa gouvernance, qui comprend notamment la mise en place de comités (contrôle des risques, rémunérations, audit, vérification des ressources humaines, etc.) jusqu'à présent absents de l’organisation. Il devra communiquer mensuellement au superviseur l’avancée du plan.
Cela dit, ces sanctions et ces mesures ne devraient pas réellement handicaper le groupe, alors que certains craignaient que les autorités n’entravent l’établissement dans son développement international. «Le plus important est le message que l’Agence des services financiers envoie au secteur financier tout entier: celui-ci doit renforcer ses mesures contre les transactions avec les groupes antisociaux», déclare Yoshinobu Yamada, analyste chez Deutsche Bank, à l’agence Bloomberg.
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