Michel Bouvard veut faire du nouveau CIF l’Oséo de l’accession sociale
Michel Bouvard abat ses cartes pour éviter une liquidation pure et simple du CIF. Le nouveau PDG du Crédit immobilier de France proposera le 26 novembre à l’Elysée, lors d’une réunion qu’il espère conclusive, ses options préservant l’activité de financement à l’accession sociale à la propriété de l’établissement. Il les a dévoilées hier devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale.
Première hypothèse: l’actuel CIF serait géré à 100% en extinction, et une nouvelle société serait créée pour le financement de l’accession sociale. Elle reprendrait une partie des équipes et pourrait travailler en partenariat avec la Banque Postale. La production serait «inférieure à 2 milliards d’euros la première année, avec un objectif cible entre 4 et 5 milliards par an», selon Michel Bouvard. Deuxième scénario, plus ambitieux, celui de la «bridge bank». Il consisterait à créer au sein du CIF actuel un canton. Celui-ci reprendrait environ 5 milliards d’euros d’encours sur 35 milliards – le reste étant mis en run off – et développerait l’activité d’accession sociale «avant d’envisager une cession dans les 2 à 5 ans à un repreneur», qui pourrait être la Banque Postale (LBP).
La «bridge bank» devrait être mise en place dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG), un système acceptable aux yeux de Bruxelles si une défaillance de marché est constatée.
Michel Bouvard a évoqué une double structure avec un Epic (établissement public industriel et commercial) actionnaire d’une banque qui pourrait à terme être capitalisée par plusieurs acteurs (LBP, notamment). «L’idée est d’avoir un Oséo de l’accession sociale à la propriété», plaide l’ex-député.
Suivant la solution retenue, le dirigeant espère préserver «entre la moitié et les deux tiers des 2.000 emplois » du CIF, alors que le Trésor, après l’apport de la garantie d’Etat à l’établissement, prône une liquidation complète. «Il ne faut pas qu’on s’autocensure vis-à-vis de Bruxelles», souligne Michel Bouvard, qui s’appuie sur des expertises de spécialistes du droit communautaire.
Le PDG du CIF a une autre conviction: «un run off intégral, c’est la fragilisation du boni de liquidation» car les équipes chargées de la gestion des encours déserteraient l’établissement. Un boni qu’il estime entre un et 3 milliards d’euros à terme, et à condition que le CIF puisse conserver ses savoir-faire.
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