Mediobanca se recentre en délaissant ses participations stratégiques
Plus simple et plus rentable. Tel est le modèle de développement que souhaite adopter Mediobanca dans son plan stratégique à horizon 2016 dévoilé vendredi. La banque italienne entend fortement réduire le poids de ses participations stratégiques sur le marché actions et concentrer ses efforts sur trois métiers: la banque de financement et d’investissement (BFI), la banque de détail et la gestion de fortune.
Mediobanca veut réduire d’ici à 3 ans de 2 milliards d’euros le poids de ses participations. Les comptes à fin juin, date de clôture de l’exercice, subiront tout d’abord une opération-vérité par l’inscription de l’ensemble des participations cotées désormais «à céder» à leur valeur de marché. Une opération qui correspondra selon la banque à une réduction de l’exposition de 400 millions et à la publication d’une perte nette voisine de 200 millions au titre de l’exercice. Mediobanca entend ensuite céder des titres pour 1,5 milliard d’euros. L’exercice concerne particulièrement les parts de 13,7% dans RCS Mediagroup, de 11,6% dans Telco, la holding de Telecom Italia, et de 4,6% dans Pirelli. Mediobanca souhaite également réduire de 3 points environ sa part de 13,2% au capital de Generali.
Alors que Tullett Prebon apprécie le gain prévisible en termes de volatilité des résultats, la banque souligne que le fruit de cet allégement boursier sera mis à profit pour développer les activités bancaires. Mediobanca vise sur la période du plan une croissance annuelle moyenne supérieure à 10% de son produit net bancaire, ainsi porté à 2,1 milliards d’euros. Le groupe compte notamment renforcer sa présence internationale en BFI, dont la part des revenus hors d’Italie doit progresser de 15 points à 45% en pénétrant des marchés prometteurs comme la Chine, la Turquie ou le Mexique.
Plus généralement, Mediobanca met l’accent sur des activités à faible intensité capitalistique et génératrices de commissions. Ces dernières doivent représenter 30% des revenus à moyen terme (contre 25%), et même 40% en 2018 en tenant compte du lancement de Mediobanca Alternative Asset Management (MAAM).
En termes d’objectifs financiers, Mediobanca vise à mi-2016 un rendement des fonds propres (ROE) de 10 à 11% et un ratio Core Tier 1 sous Bâle 3 de 11 à 12%. Des objectifs supérieurs aux attentes, et même considérés comme trop ambitieux, à en juger par la chute du titre vendredi.
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