McKinsey recommande aux banques les plus fragiles de revenir aux fondamentaux
Selon la dernière étude sectorielle du cabinet, une centaine d’établissements pourraient être démantelés ou rachetés dans les années à venir
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Antoine Duroyon
Un vaste mouvement de recomposition plane sur le secteur bancaire mondial. La dernière étude annuelle du cabinet McKinsey livre une prévision saisissante : 20% des 500 premières banques mondiales pourraient être démantelées ou reprises par la concurrence dans les années à venir. Le résultat d’une rentabilité encore insuffisante - le RoE moyen s’établissait à 7% en 2012, hors éléments non récurrents - et d’une incapacité à s’adapter aux conditions de marché dans le sillage de la crise financière.
McKinsey évoque même le scénario d’une quasi-suppression des surcapacités, dans lequel la moitié des banques sous-performantes du top 500 seraient rachetées par des rivales mieux portantes. Il permettrait, selon les calculs du cabinet, de porter le RoE de l’industrie à 12%, voire davantage. Mais pour préserver leur sort, le rapport recommande que ces établissements fragiles déploient une stratégie de «retour aux fondamentaux» en limitant leur champ d’intervention et en abandonnant certains produits marginaux tels que le crédit aux étudiants.
«Les banques qui adoptent cette approche doivent établir et entretenir un volontarisme sur les coûts et une discipline en matière de gestion du risque, à l’heure où nous entrons dans un environnement de croissance encore plus ralentie», souligne les auteurs de l’étude. Une démarche préférable, ajoutent-ils, à la stratégie d’une approche client différenciée qui exige de l’innovation dans la banque digitale et un positionnement multicanal.
A l’inverse, les établissements qui ont mieux tiré leur épingle du jeu sont ceux qui ont mis en œuvre une stratégie claire de manière disciplinée. McKinsey identifie cinq biais stratégiques principaux : différenciation du client (Wells Fargo, HDFC Bank), retour aux fondamentaux (Comerica, Swedbank), spécialistes de l’investissement (Julius Baer, BNY Mellon), leaders sur des marchés en croissance (Standard Chartered, Bank OTP) et service global à l’échelle mondiale (HSBC).
«Pour consolider leur avance, les banques surperformantes devront continuer à s’améliorer au sein de leur archétype spécifique», conclut le rapport. Ces établissements, estimés à environ 90, affichent un RoE et un cours sur actif net deux fois supérieurs à ceux des 410 autres établissements. Que ce soit en tête ou en queue de peloton, de nombreux défis attendent les acteurs bancaires au tournant.
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