Madrid injectera au moins 9 milliards d’euros dans Bankia
Auditionné par une commission parlementaire, le ministre espagnol de l’Economie, Luis de Guindos, a apporté hier quelques détails sur le renflouement de Bankia et de sa maison mère non cotée Banco Financiero y de Ahorros (BFA). Le gouvernement a décidé d’apporter «au moins 9 milliards d’euros» pour recapitaliser l’ensemble en vue d’une cession «le plus rapidement possible». 7,1 milliards d’euros devront permettre de se conformer aux deux réformes bancaires présentées ces derniers mois et 1,9 milliard d’euros iront garnir un «matelas» destiné à satisfaire les normes édictées par l’Autorité bancaire européenne en matière de fonds propres. Ce montant de 9 milliards d’euros est nettement inférieur aux 15 milliards d’euros réclamés par le nouveau président de Bankia, Jose Ignacio Goirigolzarri, selon la presse espagnole.
Ce soutien va s’opérer via un processus en deux étapes. Le Fonds de restructuration bancaire (Frob) va souscrire à la levée de fonds de BFA dans son intégralité. Bankia réalisera ensuite une émission de droits de souscription qui sera garantie par BFA, a précisé Luis de Guindos. Madrid, qui s’est adjoint les services de Goldman Sachs pour examiner le cas de Bankia, a converti la semaine dernière 4,5 milliards d’euros de créances publiques avec BFA en actions, lui donnant une participation de 45% dans la banque. Le conseil d’administration de la troisième banque domestique en termes d’actifs se réunira demain. Il planchera sur un plan «qui indiquera les besoins de capitaux afin de se conformer à toutes les exigences réglementaires», a encore ajouté Luis de Guindos. Ce plan «de viabilité» devrait être présenté à la mi-juin.
Mais au-delà de Bankia, c’est l'état de santé de l’ensemble du secteur bancaire espagnol qui soulève des craintes chez les investisseurs. «J’insiste sur le fait que BFA-Bankia est un cas particulier et qu’il n’est pas pertinent d’extrapoler ses problèmes au reste du système financier espagnol», a commenté Luis de Guindos. Plus tôt dans la journée, à l’issue d’un entretien avec François Hollande, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy avait réaffirmé que le pays ne demanderait pas l’appui de fonds externes, notamment européens, pour renflouer ses banques. Bankia mis à part, le gouvernement a mandaté Roland Berger et Oliver Wyman pour tenter d’y voir plus clair dans les portefeuilles de créances des établissements.
Plus d'articles du même thème
-
Jeudi noir pour la tech à Wall Street
Le marché américain a connu sa pire séance depuis avril 2025 et le Liberation Day de Donald Trump. Les valeurs technologiques liées à l'IA restent au centre des préoccupations. L'indice Nasdaq a basculé en territoire de correction avec plus de 10% de baisse par rapport à son record. -
La Banque d’Angleterre élève son étendard faucon
La banque centrale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans tout en laissant la porte ouverte à d’autres hausses. Une décision plus unanime qu’anticipée. -
Rheinmetall paie encore les incertitudes entourant ses commandes publiques
Le spécialiste allemand de l’armement, qui a une nouvelle fois abaissé sa prévision de chiffre d’affaires annuel, table désormais sur une stabilité de sa marge d’exploitation.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt