Madrid dispose de 30 milliards d’argent frais pour ses banques
Moins d’un mois après la demande d’aide de Madrid, les ministres de la zone euro ont définitivement validé vendredi lors d’une réunion téléphonique le mémorandum encadrant l’aide au secteur bancaire espagnol pour 100 milliards d’euros. Le Bundestag avait voté la veille le plan, y compris le «Fafa», autrement dit l’accord entre l’Espagne et la Facilité européenne de stabilité financière (FESF) créant une Facilité d’assistance financière par laquelle transiteront les fonds européens vers les banques via le Fonds de restructuration espagnol (Frob).
Cette décision permet le déblocage d’une première tranche de 30 milliards d’euros disponibles en cas d’urgence avant même la finalisation des plans de restructuration attendue entre octobre et décembre, selon les établissements. La téléconférence de vendredi donne le top départ pour les autorités espagnoles et européennes d’un marathon qui devrait s’achever à la fin de l’année. Ces dernières semaines la Commission européenne a entrepris de doubler les effectifs de la «task force» chargé d’encadrer le travail des consultants et qui a participé à la rédaction et à la négociation du mémorandum.
Le programme est lancé dans un climat politique plus tendu que jamais suite à l’annonce d’un nouveau plan d’économie budgétaire de 65 milliards d’euros par le gouvernement Rajoy. En dépit des informations publiées dans la presse espagnole, les autorités européennes ont rappelé la semaine dernière que les 100 milliards étaient strictement destinés au secteur bancaire et ne pouvaient financer des dépenses publiques. Dans un premier temps, les prêts du FESF vont bel et bien augmenter la dette espagnole en attendant une prise de participation directe du Mécanisme européen de stabilité (MES) dans les banques aidées.
Le transfert du programme du FESF au MES se fera vraisemblablement à l’automne quand et si la décision du Tribunal constitutionnel allemand débloque la création du nouveau véhicule financier de la zone euro. Mais la recapitalisation directe des banques par le MES est suspendue à la mise en place d’une supervision intégrée des banques européennes pour laquelle la Commission européenne doit faire une proposition en septembre. Selon des sources proches des discussions, il devrait s'écouler environ un an avant que la BCE soit réellement en situation de jouer un rôle de superviseur central pour la zone euro.
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